quinta-feira, 23 de fevereiro de 2012

La nouvelle littérature brésilienne



La nouvelle littérature brésilienne

Rencontre avec les écrivains 
  
Adriana Lisboa, Adriana Lunardi, Arthur Dapieve, João Anzanello Carrascoza, Maria Valéria Rezende et Tatiana Salem Levy

Le Mardi 20 Mars 2012
De 16h00 à 18h00
Salle des Conférences – D035

Maison de la Recherche
Université de Paris
28 rue Serpente
75006 Paris
Métro Odéon – ligne 04 ou 10

Programme


Un regard sur le quotidien

Adriana Lunardi, Maria Valéria Rezende et João A. Carrascoza
Modératrice : Maria Graciete Besse


Adriana Lunardi. Ecrivaine et scénariste pour la télévision, Adrina Lunardi a publié les recueils de nouvelles As meninas da Torre Helsinque (1996) et Vésperas (2002),  en France (Collection Littérature étrangère/Joëlle Losfeld, Gallimard), en Argentine, au Portugal et en Croatie. Son dernier roman, A vendedora de fósforos, vient de paraître au Brésil et Corpo estranho (1996) est en cours de traduction. Il sera très prochainement publié en France.
Maria Valéria Rezende est née à Santos (São Paulo). Depuis de longues années elle se consacre à l'Éducation populaire dans le Nordeste brésilien. Auteure de plusieurs recueils de nouvelles et de livres pour enfants, elle a publié en 2005 le roman O Voo da guará vermelha (2005), paru, également, au Portugal, en Espagne et en France (Métailié, 2008).
João Anzanello Carrascoza est écrivain, rédacteur, publicitaire et professeur à l’Université de São Paulo. Considéré comme une des grandes révélations de la fiction brésilienne de ces dernières années,  il a publié de nombreuses anthologies de nouvelles, parmi lesquelles, Duas tardes (2002), Dias raros (2004) et Espinhos e alfinetes (2010). Son œuvre a reçu quelques uns des prix littéraires les plus prestigieux au Brésil. En France il est publié  aux Editions Anacaona

Ecritures à fleur de peau
  
Arthur Dapieve, Adriana Lisboa e Tatiana Salem Levy
Modérateur : José Leonardo Tonus

Arthur Dapieve est écrivain, journaliste et professeur à l'Université Catholique de Rio de Janeiro. Depuis 1993, il tient la rubrique culturelle hebdomadaire du Journal O Globo et écrit pour un magazine musical. Il a publié les romans De Cada Amor Tu Herdarás Só o Cinismo  (2004) et Black Music (2008), paru en France aux éditions Asphalte.
Tatiana Salem Levy est Docteur par l’Université de la PUC (Rio de Janeiro). Romancière et nouvelliste, elle  a publié en 2006  l’essai A experiência do fora: Blanchot, Foucault e Deleuze. Elle est l’auteure des romans Dois Rios (2011) et A Chave de Casa (2007) - Prix São Paulo de Literatura, en 2008. Ses romans ont été publiés au Portugal, en Italie, en Espagne, en Turquie, en Roumanie et en France (Buchet-Chastel, 2011).
Adriana Lisboa a publié de nombreux romans, parmi lesquels, Sinfonia em branco (2001) Rakushisha (2007) e Azul-corvo (2010). Ses romans ont  reçu de nombreux prix au Brésil et à l’étranger dont les très prestigieux Prix José Saramago, Moinho Santista et Autor Revelação de la Fondation Nationale pour le Littérature de jeunesse. Son œuvre a été traduite dans plusieurs langues et publiée dans une dizaine de pays. En France, Adriana Lisboa est publiée aux Editions Métailié.



Concours : Lygia Faguntes Telles


IVe CONCOURS INTERNATIONAL DE MONOGRAPHIES
Appel à candidatures 01/2012 – Département culturel/MRE

L’œuvre de LYGIA FAGUNDES TELLES

LE MINISTÈRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES DU BRÉSIL, par l’intermédiaire du département culturel, publie pour information qu’il organisera prochainement les inscriptions pour le IVe Concours international de monographies, dédié à l’œuvre de l’écrivaine brésilienne Lygia Fagundes Telles, selon les termes du § 4e et de l’alinéa IV de l’article 22 de la loi 8.666, du 21 juin 1993, et dans les conditions établies dans cet appel d’offres. Les cinq meilleurs essais, choisis par la Commission du jury constituée dans ce but, recevront le Prix Itamaraty de littérature brésilienne 2012 (“Prêmio Itamaraty de Literatura Brasileira” 2012).

Pour plus d’informations :

Formulário de Inscrição :

terça-feira, 21 de fevereiro de 2012

Moçambique sob dois olhares : Teolinda Gersão e João Paulo Borges Coelho


Malangatana ( 1936-2011)
Moçambique sob dois olhares :
Teolinda Gersão e João Paulo Borges Coelho


Conférence par Susana Ventura

Professeur à l’Unifesp
(Université Fédérale de São Paulo)

le mardi  6 mars 2012
à 14h30, salle 22

Institut Hispanique
31, rue Gay-Lussac
75005 Paris

Regardez l'interview donné par Susana Ventura à l'équipe du Blog en cliquant sur les liens  ci-dessous : 




Um dedo de prosa com Lídia Jorge


Um dedo de prosa com Lídia Jorge

Este mês Um dedo de prosa tem a honra de apresentar a  escritora portuguesa Lídia Jorge que concedeu à equipe do Blog Estudos Lusófonos uma entrevista durante a inauguração da Exposição  «O Dia dos Prodígios. Lídia Jorge. 30 anos de escrita publicada».
A homenagem  à  escritora portuguesa  foi realizada  na Résidence André de Gouveia da Cité Internationale de Paris no dia 28 de Janeiro de 2012. Ela  contou com a presença de Sua Excelência o Embaixador de Portugal na França,  do Prefeito da cidade de Loulé, de Anne Marie Métailié, editora, e de Maria Graciete Besse , Professora Catedrática e Diretora do Departamento de português da Universidade de Paris-Sorbonne.
Nos links abaixo, assistam à entrevista de Lídia Jorge. Vejam as fotografias da exposição e consultem as informações disponibilizadas pela equipe do Blog Estudos Lusófonos. 
Links :
Entrevista
Fotografias


Ce que peut l’écriture : Lídia Jorge face à son temps
C’est pour nous un grand honneur d’accueillir aujourd’hui Lídia Jorge, l’une des figures majeures de la littérature portugaise contemporaine, auteure d’une vingtaine de livres  (10 romans, 4 livres de contes, 1 pièce de théâtre, 2 livres pour enfants, 1 essai).
L’exposition que nous allons découvrir  montre  dans quelle mesure  Lídia Jorge pratique, depuis plus de 30 ans, l’écriture  comme un engagement envers le réel, en faisant œuvre de mémoire dont chaque livre constitue une étape. Et on peut commencer par se demander ce que peut l’écriture, question qui taraudait déjà les écrivains des années 60 mais qui n’a rien perdu de son actualité.
Dans un très beau texte exposé  ici, Lídia Jorge se souvient de son premier jour d’école. En ramassant son stylo tombé par terre, elle découvre qu’une partie de ses camarades  étaient pied nus.  Une fois rentrée à la maison, elle tente généreusement de leur trouver des  chaussures mais se rend vite compte de l’impossibilité de son geste. Quelques années plus tard, en évoquant ce souvenir, elle conclut que l’écriture devient pour elle, symboliquement,  une façon de les chausser, en leur offrant des mots susceptibles de les faire avancer en liberté et en conscience sur les chemins de la vie.  Ainsi, les chaussures peuvent devenir parfois des bottes de sept lieues…En parcourant l’œuvre de Lídia Jorge, nous comprenons que la littérature est effectivement une expérience de liberté mais cette expérience est valable autant pour l’auteur que pour le lecteur : en effet, ses livres nous aident à échapper aux forces d’aliénation et d’oppression et à mieux comprendre le monde qui nous entoure.

On pourrait dire, de manière très synthétique que les grands thèmes qui intéressent  Lídia Jorge sont, avant tout, le secret, l’héritage, la mémoire et l’identité. En faisant la chronique du temps, elle nous offre un  témoignage profond  sur notre société (coloniale et post coloniale), dans l’affirmation constante de l’importance d’un certain réel revisité par la fiction.
Depuis La journée des prodiges, récit paru en 1980, l’œuvre de Lídia Jorge n’a cessé d’être couronnée par de nombreux prix littéraires, gages de sa qualité et de son importance. Le Rivage des murmures,  La forêt dans le fleuveLa couverture du soldatLe Vent qui siffle dans les gruesNous combattrons l’ombre, ou encore La Nuit des femmes qui chantent, son dernier roman, voilà quelques titres qui ne laissent jamais le lecteur indifférent.
Malgré la diversité des thèmes et des motifs, il y a cependant une constante dans l’écriture de la romancière qui trace une trajectoire  nourrie par l’indéfectible intérêt pour l’humain : tous ses romans témoignent d’une véritable fascination pour l’Histoire qui constitue le lieu par excellence où l’humanité même devient lisible. En prenant appui sur la matière humaine et historique, son œuvre nous aide  à réfléchir sur le monde et les êtres, « brisant en nous la mer gelée », qui est, comme le disait Kakfa, la qualité majeure d’un vrai livre. 
La critique a déjà observé que les romans de Lídia Jorge « donnent souvent l'impression d'être tissés. (On y trouve) Luxuriance, enchevêtrement des thèmes, polyphonies, apparition récurrente ou mise en écho de tel ou tel motif, multiples possibilités de lectures créent à l'intérieur du récit des reliefs, des textures, des couleurs singulières, semblables à celles d'une tapisserie ».
C’est cette « tapisserie » que nous allons évoquer rapidement en forme d’invitation à la lecture des 10 romans de Lídia Jorge publiés à ce jour. Nous essaierons de ne pas trop simplifier une œuvre complexe, mais il nous sera cependant impossible d’en montrer toutes les nuances et subtilités que vous découvrirez dans votre aventure personnelle de lecture. Et je suis sûre qu’elle va devenir une urgence lorsque vous entendrez Lídia Jorge parler elle-même de sa relation à l’écriture.

Au Portugal, la Révolution des Œillets (1974) permet l’émergence d’une parole produite par les femmes qui introduit dans la littérature portugaise une vision différente du monde, avec une pratique singulière de la langue. On ne doit certes pas oublier les quelques femmes auteurs qui se sont fait connaître pendant la dictature – Irene Lisboa, Agustina Bessa Luís, Maria Judite de Carvalho, Maria Ondina Braga, Natália Correia, ou encore les trois Marias – Maria Isabel Barreno, Maria Velho da Costa, Maria Teresa Horta -  qui provoquent un immense scandale lorsqu’elles publient, en 1972, les Nouvelles Lettres Portugaises. Mais il paraît évident qu’après le 25 avril 1974 la parole des femmes s’affirme de plus en plus pour  engager le lecteur dans une véritable aventure de pensée.
En 1980, Lídia Jorge publie donc son premier roman, La Journée des Prodiges, qui connaît la consécration immédiate. Elle y évoque de façon très originale la manière dont la révolution est perçue dans un village traditionnel de l’Algarve, sa région d’origine, nourri de superstitions et de mythes archaïques. La dimension polyphonique de l’écriture et la primauté accordée à l’oralité provoquent l’admiration des critiques, même les plus conservateurs comme João Gaspar Simões. Son deuxième roman, O Cais das Merendas (1982) poursuit le questionnement sur les racines portugaises et dénonce les méfaits du tourisme qui induit une acculturation des paysans de l’Algarve, travaillant dans les hôtels de la côte, fréquentés surtout par des Anglais. Dans un contexte post révolutionnaire, l’auteure interroge les identités, l’opposition entre le centre et les marges, la néo-colonisation culturelle, les nouveaux codes culturels qui vont de pair avec la perte des traditions ancestrales.
Une certaine déception est au centre de son troisième roman, La forêt dans le fleuve (Noticia da Cidade Silvestre, 1984), dont l’intrigue se déroule à Lisbonne pour articuler réel et imaginaire. Lídia Jorge s’y intéresse aux êtres blessés, aux rythmes sociaux et à la cohésion communautaire. Le récit porte l’empreinte des bouleversements historiques et traduit une grande inquiétude identitaire.
Dans Le Rivage des Murmures (1988), l’espace s’élargit et la romancière interroge l’Histoire, ainsi que le font beaucoup d’auteurs à cette époque, mais elle nous propose un regard féminin porté sur la guerre au Mozambique, présentée comme un basculement fondamental dans la vie de toute une génération de Portugais et d’Africains. Le roman, qui a été magnifiquement adapté au cinéma par Margarida Cardoso, n’est pas exactement un roman sur la guerre, mais plutôt une réflexion sur la colonisation, le pouvoir  et la manière dont les  hommes sont transformés par la guerre et par l'horreur qui les fascine. 
Le Jardin sans limites (1995) reprend l’espace de Lisbonne pour nous parler d’un homme-statue qui offre son immobilité en spectacle sur les places de la ville. La question identitaire se trouve à nouveau au centre de l’intrigue, pour dire le désenchantement d’une jeunesse à la dérive.
La Couverture du Soldat (O Vale da Paixão, 1998), qui est à mon avis l’un de ses meilleurs romans, aborde encore une fois le thème de l’identité, de façon très intéressante, à travers le récit qu’une fille fait de la figure de son père absent, adoré et détesté. En évoquant l’histoire d’une famille traditionnelle, la romancière décrit le changement qui s’opère dans les êtres, en même temps que les mutations accélérées subies par le Portugal durant les années 50 et 60, lors du passage d’une société agraire repliée sur elle-même à un espace de loisirs où le tourisme devient une activité de plus en plus prometteuse et à un moment où l’émigration des Portugais vers le monde entier bat son plein. J’ai déjà eu l’occasion de montrer ailleurs que ce roman se présente comme un parcours orphique où la narratrice entreprend un voyage au cœur d’une vie et d’une époque, afin de restituer un héritage et de dramatiser un destin. La couverture du soldat qui donne le titre à la traduction française, est justement le dernier héritage laissé par le père absent à sa fille, représentant aussi un corps symbolique, celui du destin portugais, marqué par la guerre, le voyage et l’émigration.
Dans Le Vent qui siffle dans les grues (2002), la romancière raconte l’histoire bouleversante d’une étrange jeune fille de milieu bourgeois algarvio qui tombe amoureuse d’un travailleur immigré capverdien. Attachée à ses privilèges de race et de classe sociale, la famille s’oppose avec violence et cruauté à cette relation. L’intrigue se développe à partir de la multiplicité des regards des personnages, donnant au lecteur la vision de deux mondes inconciliables, et révélant la dimension complexe de la société portugaise post coloniale.
Le roman suivant, Nous combattrons l’ombre (2007) est un récit  inquiétant, qui, entre le réel et l’onirique, retrace l’aventure inquiétante d’un psychanalyste lors de la nuit de passage à l’an 2000 pour nous montrer les secousses qui bouleversent jusqu’au plus intime des individus. 
Le roman qui vient de paraître en traduction française chez Métailié, La Nuit des femmes qui chantent (2011), raconte le parcours de cinq jeunes femmes, issues d’Afrique, qui, à la fin des années 1980, sous la direction de Gisela, la maestrina, ambitieuse et manipulatrice, se sont battues pour  former un groupe vocal et enregistrer un disque qui  a connu un certain succès.   Vingt et un an plus tard, elles se retrouvent dans un ciné-théâtre de Lisbonne, grâce à une émission de télévision, lors d’une « nuit parfaite » et fulgurante, qui évoque leur succès éphémère et constitue le point de départ du long monologue de Solange,  la parolière du groupe, dont le travail de mémoire permet de reconstituer la densité psychologique d’une aventure collective qui se déroule à un  moment  où le Portugal, sorti de son expérience coloniale,  commence à se moderniser. Pleine d’échos du passé, tournée  vers la compréhension de soi et des autres, nourrie par le secret et la perte des illusions adolescentes, la voix de Solange dessine subtilement les méandres de la mémoire individuelle et collective pour nous donner à lire le portrait d’une époque, avec ses doutes, ses tâtonnements et ses échecs.  Lidia Jorge, une fois de plus, crée là des personnages féminins  inoubliables et montre que le roman peut véritablement nous offrir la face visible du monde contemporain.
Toute l’œuvre de Lídia Jorge se distingue par une attention soutenue à l’univers féminin et par la célébration d’une écriture prodigieuse où le réel et l’imaginaire, l’histoire et le mythe se rejoignent à la faveur de subtiles correspondances qui révèlent le double désenchantement d’un âge et d’une époque.
 Lorsqu’elle commence à publier, en 1980, on  assiste à  un virage dans la littérature portugaise  mais aussi européenne. L’écriture est alors travaillée par un retour au récit, mais un récit strié de blancs, d’ellipses et de lacunes, un récit porteur de mémoire, taraudé par la revisitation de l’Histoire et de la mémoire familiale, afin de dire les apories contemporaines de l’héritage et des difficultés de la transmission. Michel de Certeau a bien montré que le récit contemporain a affaire au minutieux travail de la perte et du deuil, qu’il fabrique du présent en se libérant du passé. Dans ce sens, on pourrait dire que pratiquement tous les romans de Lídia Jorge, de 1980 à 2011,  sont traversés par un souci archéologique  mais aussi profondément éthique qui investit le passé à la recherche d’une vérité à la fois singulière et plurielle.
Mais je suppose que vous avez hâte d’écouter  Lídia Jorge nous parler elle-même de son paysage mental. Nous allons donc reprendre  la question initiale, et lui demander  « que peut l’écriture ? ». Nous aimerions aussi savoir  ce que représente pour elle cette exposition sur 30 ans de sa vie écrite.   

Présentation de Lídia Jorge réalisée par Mme le Professeur Maria Graciete Besse de l'Université de Paris-Sorbonne
 le 28 janvier 2011, à la Résidence André de Gouveia 
Hommage à l’occasion de l’inauguration de l’exposition sur 30 ans d’écriture, en présence de Son Excellence l’ambassadeur du Portugal,  Anne Marie Métailié, éditrice, et du Maire de Loulé
Un peu de lecture

LES DEUX SMOKINGS
Nous devrions rire de la fragilité de la mémoire ou pour le moins sourire des ruses auxquelles l’oubli a recours. En effet, maintenant que trois ans se sont écoulés depuis l’avènement du nouveau millénaire, si on nous demandait ce qui s’était passé lors de cette nuit que nous avions tenue alors pour mémorable, il ne nous viendrait guère à l’esprit autre chose que l’image sidérale d’un feu d’artifice retombant au-dessus de l’estuaire d’un fleuve comme une pluie d’étoiles. Et pourtant les choses ne se passèrent pas tout à fait ainsi.
J’évoquerai en l’occurrence le moment où Osvaldo Cam­pos commença à remonter l’avenue de Santa Pul­quéria sous les arbres échevelés de l’hiver. Tout semblait tranquille. Les êtres épris de paix diraient qu’un état de grâce avait imprégné les nuages sombres et les actions humaines. Le matin, les enfants des écoles primaires avaient monté une chorégraphie sur la place de l’Empire, chaque écolier portait un chiffre en haut de son bonnet, dessinant ainsi des dizaines et des dizaines de 2001 pendant que, leurs petits bras levés, ils avançaient en direction d’une muraille de toile sur laquelle on pouvait lire le mot Avenir. Les services météorologiques avaient prévu du mauvais temps et, malgré l’averse qui semblait sur le point de s’abattre du ciel à chaque instant, pas une goutte n’était tombée. Pendant ce temps, un homme euphorique qui marchait derrière les enfants annonçait la fin des préceptes de Machiavel et déclarait qu’il était urgent de réécrire Le Prince en recourant exclusi­vement à l’abécédaire de la bonté et du respect mutuel. Alors, sept plus sept parmi ces enfants avaient offert au fleuve gris et aux mouettes leur dos minuscule sur lequel était écrit NOUS SERONS HEUREUX. Ce fut un moment d’émotion pour les yeux. Osvaldo Campos n’y avait pas assisté, il était psychanalyste et vivait plongé dans d’autres vies. Mais ce n’est pas parce qu’on ignore ce qui nous concerne qu’on cesse de faire partie de l’inconnu.

Il avait garé sa voiture comme d’habitude en bordure du Jardin de Santos et il cheminait sur un tapis de feuilles mortes qui assourdissait le bruit de ses pas tandis qu’il avançait sous les branches dénudées des tilleuls. Et contrai­rement à ce qui se passait dans les rêves de ses patients où, impalpable, son corps surgissait délivré de toute pesanteur dans un espace onirique sans contours ni obstacles, en cette fin d’après-midi le profes­seur Campos, comme il était connu dans son milieu, marchait chargé d’objets et sa silhouette collait aux pavés de la chaussée sous un amon­cellement de paquets véritablement indécent. S’il s’était agi d’un jour banal dans un calendrier ordinaire, un regard impartial aurait qualifié cet homme de légèrement ridicule. Un ridicule provenant du fait qu’il se laissait surprendre en train de se colleter avec une charge excessive et inutile, devenue obscène en raison du caractère privé d’objets qu’il exhibait publiquement. Une exagération qui l’intégrait involontairement à la marche qui avait eu lieu le matin en direction de la muraille en drap où était écrit le mot Avenir.
Mais s’il faut en revenir au point où tout a commencé, il conviendra alors de dire qu’au bras droit d’Osvaldo Campos était suspendu un sac d’où sortaient des livres et des semelles de souliers, sans parler de l’habituel porte-documents rebondi et de l’ordinateur dans une serviette d’où pendaient plusieurs liasses de journaux mal repliés. Son épaule gauche soutenait un emballage en plastique abritant un smoking et une chemise blanche accrochée à son cintre, comme si tout cela sortait de la teinturerie dans le seul but d’être exposé sur son dos. Osvaldo Campos avançait d’un pas pressé sous son chargement asy­métrique qui provoquait une claudication inappropriée chez un homme sain dans un espace public. Bien qu’il ne fût pas seul à faire montre de cette espèce de laisser-aller propre aux courses de dernière minute. Bien au contraire. Deux gamins marchaient sur le trottoir en tenant des bouquets de fleurs si gigantesques qu’ils leur cachaient le visage et entra­vaient leurs petits pas courts. Leur jeune mère, elle, portait dans les bras un immense carton de pâtisserie orné d’un ruban et d’un nœud qu’elle maintenait en équilibre avec beaucoup de soin comme s’il s’agissait de son fils préféré. De l’autre côté de la rue, le propriétaire du snack-bar Andorinha jetait dans le massif au pied d’un arbre centenaire deux seaux d’eau pleins d’écume, contrairement à tous les règlements. Dans le ciel, un avion en provenance de l’Afrique s’engageait dans un couloir inusité et se diri­geait en tonitruant vers le toit du Parlement comme si c’était là sa destination. Et la personne qui aurait regardé le fleuve au même moment aurait pu voir le paquebot Berganza jeter l’ancre le long du quai le plus proche de la place, juste devant le périmètre où retomberait deux heures plus tard la copieuse pluie d’étoiles dessinée par le feu d’artifice.
Osvaldo Campos pensa : “Il se fait tard…”
Et il se mit à remonter plus vite l’avenue en s’appuyant sur sa jambe gauche, la droite étant raidie par les sacs incom­modes. Il ne se rendait même pas compte que devant la porte du 75 par laquelle il allait entrer il y avait des places libres où il aurait pu garer sa voiture. Il n’avait pas eu le temps de se dire que l’annonce des heures de fêtes avait modifié comme l’année précédente la logique du stationnement des véhicules, il ne s’était pas non plus aperçu que les réverbères à la hauteur des tilleuls étaient déjà allumés. Mais la précipitation d’Osvaldo Campos avait un sens ou du moins une justification, car il transportait dans son Toshiba la première mouture d’un texte qu’il avait l’intention de terminer avant la fin du jour, après six mois d’atermoiements et de promesses, et le reste de la soirée pour laquelle il avait établi des limites de départ et d’arrivée dépendait de l’heure à laquelle il terminerait l’article. Et, en attendant, le respect de ces délais n’était pas une mince affaire.

Le matin, il avait même songé à renoncer.
Extrait de Nous combattrons l'ombre de Lídia JORGE, éditions Métailié, 2009. 


quinta-feira, 16 de fevereiro de 2012

Algumas palavras correntes


Algumas palavras correntes
Marcelo Moraes Caetano 
Em seu O amor é vermelho (VARGAS, 2005), Suzana Vargas propõe, dentre outros, um exercício até as últimas consequências da máxima aristotélica :“Só a tautologia comunica”. Quando nosso sábio de Estagirita disse isso, estava ensinando a seus discípulos do Liceu que, na comunicação humana, incapaz de exprimir por si só e em si só a condição natural de cada um de nós, apenas dizer “uma rosa é uma rosa” é, de fato, verdade, não apenas verossímil.
A verossimilhança em oposição à verdade, em tempo, era preocupação da tríade grega: em Sócrates/Platão, esse conceito era pejorativamente nomeado como “simulacro”; em Aristóteles, não necessariamente depreciativo, o conceito ampliou-se e ganhou o contorno semântico de “verossimilhança”.Mas onde quer que estejamos, quando falamos em crítica literária, na questão do poeta, mais especificamente, de Sócrates a Eliot, a verdade, e não o simulacro ou a verossimilhança, interessa-nos mais de perto.
O que faz de palavras poesia? O que faz da poesia um poema? (uso aqui a dicotomia de Antonio Carlos Secchin).

Como o LÓGOS grego parte do princípio da racionalidade como força motriz do julgamento humano (de onde Kant foi beber proficuamente para tecer suas “Críticas puras”), é-nos espantoso que um prógono como Heráclito nos tenha afirmado, contradizendo (ou complementando) a tríade grega acima exposta: “Só o paradoxo comunica”.Por essa razão é que o mito e a ciência, presentes, ambos, na obra “O amor é vermelho”, gozam e sofrem o mesmo espartilho de aço quando pretendem expressar suas ideias.

A física de partículas (newtoniana), a subatômica (quântica) e a da velocidade da luz (einsteiniana, da relatividade) não conseguem se comunicar linearmente, assim como o mito material e o mito imaterial. E, no entanto, somos todos eles e todos eles têm uma voz loquaz o suficiente para, no mínimo, querer falar-nos algo de fundamental. Assim se comporta o livro de Suzana Vargas: entre o “mergulho” (2005, p. 43)  e a “tato suave” (2005, p. 26), somos tudo.

Entre a lógica seca e asséptica da tautologia ou pleonasmo aristotélicos e o desconcerto mítico do paradoxo heraclítico, situa-se O amor é vermelho. Isso porque a obra de Suzana trata da faceta humana capaz de gerar guerras (como a “Ilíada”) e de promover todas as pazes (como a “Odisseia”). Posso ousar dizer que a obra é um pouco uma saída à batalha, um pouco o aconchego reconfortante do lar? Posso ousar dizer que ela possua um quê de guerreiro e um quê de monge ou de iogue? O livro é humano demais, e por isso esbarra na fragilidade da linguagem, incapaz, como se disse, de representar as mãos e contramãos humanas – simultaneamente.

“O mapa não é o território” – gritaram filósofos como Lacan, Derrida, Foucault. Mas o poeta não quer “reproduzir” territórios, porque o poeta não trabalha exclusivamente nas plagas da consciência : o lugar do poeta é o subconsciente (Jung), ou até o inconsciente (Freud). Dialética que, em vez de se propor uma solução, prefere um moto-perpétuo, assim como outras dialéticas da História, como a de Chomsky-Piaget, Duchamp-Leibniz.

Parece-me que, metalinguisticamente, O amor é vermelho explicita a impossibilidade da linguagem logo no primeiro poema, “Quase decálogo do amor” (2005, p. 10): “e a falta da palavra meuamor” (v. 4)/ “Se está perto, não sabe o que fazer com as mãos / nem com as palavras” (vs. 9 e 10) / “do verbo ao toque” (v. 12). O paradoxo que Heráclito tentou curvar está, igualmente, no mesmo poema: “E porque sabe que é feito de finais / o amor nunca começa / ou se perde no momento em que inicia” (vs. 13-15). Só há uma conclusão, que é paradoxal e pleonástica, simultaneamente: “O amor vicia” (v. 16).Detive-me no “Decálogo” porque, como os “Dez Mandamentos” ele nos dá pistas do mapa cujo território, embora não tenhamos, somos.

Na segunda parte do livro, eis-nos novamente face a face com a tautologia: “Tudo o que já dissemos” (2005, p. 13). No fundo, o que podemos dizer sobre o amor? Se formos racionais, seremos absurdos; se paradoxais, óbvios. Surge daí, mais uma vez, a necessidade do poeta, que trabalha numa linha tênue entre o absurdo e a obviedade e, ali, sobre a delicada “faca afiada” (2005, p. 14), constrói “meias medidas” (id.), apenas “o início” (id. Ib.).

A intensidade, que meu caro amigo Secchin evocou sabiamente como força artística na poesia de Suzana Vargas, numa das orelhas da obra, torna as semioses, incontestavelmente, vermelhas. O amor é vermelho é um livro “Rubedo”. Quem o lê já passou pelo “Nigredo” e pelo “Albedo” (embora passar não signifique deixar para trás), e pode enxergar a vida como a eterna ferida aberta de Nietzsche, que, longe de causar dor e desatino (apenas), causa gozo e plenitude (também). O corpo é o limite da obra, que por sua vez se espraia em “tentáculos” (2005, p. 54) pelo céu e pelo mar:

EPIGRAMÁTICO
Um sonho não pode ser
maior que nossos braços
Nem tão estranho
Que não pertença ao nosso corpo
(2005, p. 23)

Assim, toda a transcendência ou imanência do signo linguístico, que Saussure ou Todorov evocaram se concentra na lei do eterno retorno, no fato de que “mortos sempre voltam” (v . 4, 2005, p. 24). O livro é uma experiência dos milhares de sentidos que possuímos e que vão além dos cinco escolásticos.Sucedem-se fatos e vibrações, calendários e paisagens, desejos azuis e verdes, flautas, mergulhos, memórias e pianos. A física é colocada em sua limitação nomeadora junto com a teologia, com a “cruz” (2005, p. 52). São todas linguagens limitadas, como já se disse. O cientista, por mais que creia no contrário, não possui privilégios, diante da língua que usa, em relação ao místico, ao músico, ao poeta. Somos todos limitados e só podemos expressar parte do território cujo mapa consideramos fidedigno: “As palavras assassinam” (Sem título, 2005, p. 57, v. 6) “E se retalham de indefinições” (idem, ibidem, v. 9).

O amor é vermelho, é, ademais, perpassado por lindas fotografias de Antonio Lacerda, que sobressacralizam o teor inefável das palavras. Não se trata de um livro apenas de sentidos, mas sobretudo de um livro que aborda algo que, por sua natureza infinita, não deve ser abordado impunemente: o amor.

Embora, à primeira vista, esse vocábulo seja o alvo de muitos poetas, dificilmente a sua plenitude sígnica consegue ser alcançada com tanta veracidade. O que mais temos são simulacros (voltando a Sócrates e Platão), verossimilhanças (voltando a Aristóteles), mas dificilmente obtemos, neste tema, obras cuja profundidade rasa tenha conseguido, de fato, e no seu grau máximo, o que de mais espetacular e assustador poderia ter conseguido: a obra de Suzana conseguiu ser vermelha.

E todo o mais que se fale dela terá como convergência esse fato raríssimo: olhar o “avesso” (2005, p. 14) “sem compostura” (2005, p.89). “Vai passar muito tempo” até que outra experiência nos proporcione os incômodos e os regozijos da obra de Suzana. “Vai passar muito tempo” (2005, p. 98), “até dizer eu te amo” (2005, p. 99).

Brava, Suzana Vargas!

VARGAS, Suzana. O amor é vermelho. Rio de Janeiro: Garamond, 2005

quinta-feira, 9 de fevereiro de 2012

Publication : Petit vocabulaire actuel – Portugais


Cet ouvrage propose le vocabulaire d’aujourd’hui qui permet de lire et de s’exprimer sur des sujets d’actualité ou faits de société. Il permet également de réviser le vocabulaire de base sur tous les sujets essentiels.

ü  Les mots les plus récents dans des domaines variés (multimédia, éducation, Internet, presse, environnement, climat, politique et citoyenneté, santé, finance, immigration, etc.) s’ajoutent aux “mots essentiels”.
ü  Un classement thématique des listes pour mémoriser, et des mots en contexte pour mieux s’exprimer, avec leur traduction.
ü  Un outil indispensable pour préparer des examens (baccalauréat) et concours (professorat des écoles, concours administratifs, entrée en écoles d’ingénieur et de commerce) de niveau B1 à B2.

Le vocabulaire nécessaire pour lire et commenter :

ü  Un article de presse ; ou tout document contemporain sur des faits de société, les thèmes de l’actualité, le monde d’aujourd’hui et de demain.
ü  Respect du nouvel accord orthographique.
ü  Signalement des mots ou expressions employés exclusivement au Portugal ou au Brésil.
ü  Indication du féminin et du pluriel des mots dans les cas les plus difficiles.
ü  Tableau pratique des trois groupes verbaux portugais et présentation simplifiée des irrégularités de conjugaison les plus problématiques.
ü  Liste de mots établie par analogie.



Manuela Valente. Petit vocabulaire actuel – Portugais. Paris : Ophrys, 2011

Manuela Valente, est attachée par l’Institut Camões de Lisbonne à l’Université Michel de Montaigne-Bordeaux3. Elle enseigne la langue, la civilisation et la littérature portugaises.

segunda-feira, 6 de fevereiro de 2012

Um dedo de prosa com Maria José Silveira


Um dedo de prosa com Maria José Silveira
O blog Estudos Lusófonos consagra a sua rubica um dedo de prosa  do mês de fevereiro à escritora brasileira Maria José Silveira !  Nos vídeos aqui apresentados,  Maria José Silveira retraça o seu percurso intelectual e lê trechos de seu romance A Mãe da Mãe de sua Mãe e suas Filhas, publicado em 2002 e o conto « Da Paz » de Marcelino Freire.  
Confiram, igualmente, neste dossiê o bio-bibliografia da escritora e alguns links selecionados pela equipe do Blog.

Para consultar os vídeos, cliquem nos links abaixo : 
Percurso
Leitura do romance
Marcelino Freire

Um pouco de leitura...un peu de lecture

E como era Inaiá?[1]


“E como era Inaiá?
Bom. Inaiá nunca foi especialmente bonita. Bem sei que vocês gostariam que essa mulher com quem tudo começou, essa mãe quase mitológica, fosse, como um mito, perfeita. Mas não posso lhes dar essa satisfação, pois estaria faltando com a verdade, embora, é claro, essa afirmação seja relativa, tanto porque os ideais de beleza de uma tribo indígena da época não são certamente os nossos, como porque a beleza jamais foi uma verdade absoluta e sempre há os que acham feio alguém que a maioria acha bonito e os que acham bonito alguém que a maioria acha feio. Mas é bobagem querer idealizar a beleza dessa primeira mulher da família. Não precisamos disso. Basta saber que, de todas as maneiras, as primeiras habitantes da nossa terra atraíam muito a vista, como ficou registrado por ninguém menos que o ilustre escrivão Pero Vaz de Caminha, no primeiro documento sobre a nova terra. Ele parecia não conseguir desviar os olhos delas, como descreve, sem poder esconder seu encantamento: “Tão moças e tão gentis, com cabelos muito pretos e compridos, e suas vergonhas tão altas, tão cerradinhas e tão limpas das cabeleiras que, de as muito bem olharmos, não tínhamos nenhuma vergonha”.
Se todas eram assim tão encantadoras — e se foram vistas só de longe ou quão perto Caminha chegou para bem examiná-las — nunca vamos saber ao certo, mas nem por isso pensem que Inaiá era uma bela entre as belas, porque isso ela não era. Era de boa estatura e fornida de carnes, um pouquinho desproporcional na relação tronco-pernas, sendo essas mais finas do que se poderia desejar, um bumbum normal, nem grande nem pequeno, nem mais rijo nem menos, peitos gordinhos, infelizmente fadados a se deixar vencer pela lei da gravidade muito cedo, cabelos negros escorridos e compridos como os de todas as nativas, nem mais sedosos nem menos. O nariz um pouquinho esborrachado, os olhos negros também nem mais luminosos nem menos que o normal, uma boca tão vermelha como a de suas irmãs e uma marca de nascença, um triângulo escuro no começo da nuca, com o vértice virado para a esquerda, essa sim uma característica apenas sua. Mas, fora isso, nem mesmo a personalidade de Inaiá era especial. Era tão disposta às tarefas e alegre nos banhos, tão falante e despreocupada quanto as irmãs, tão adequada e satisfeita por estar no mundo quanto elas.
Com o tempo, ela já não seguia os grupos de brancos. Ficava de longe, junto com as irmãs, todas rindo muito, mas rindo já de outra forma, olhando já de outro jeito. Foi quando um deles — um caraíba quase tão jovem quanto ela, de nome Fernão, cara branca mas quase sem pêlos, com olhos tão claros que pareciam pedrinhas feitas das águas límpidas do mar — a olhou, sorriu e começou a repetir:
“Aqui, aqui. Menina bonita, vem aqui”.
Inaiá foi. Tinha doze anos.
Curiosa, sorrindo — nunca chegara assim tão perto de um caraíba —, Inaiá foi e tocou e riu, cheirou, cheirou e riu, a carne tão branca por dentro da segunda pele e riu, os cabelos da cor das folhas que caem, e tocou e cheirou e riu, os olhos, sim, quero ver de perto essas pedrinhas da cor da água do mar quando chega à praia, o mar sem ondas, o mar de quando o dia começa.
E riu, riu, riu.
Os pássaros multicores levantaram-se em revoada e as árvores verdejantes cercaram sem pressa os dois.
Vocês podem não acreditar, mas Inaiá também foi a primeira mulher de Fernão. O jovem lisboeta já havia, com certeza, apalpado uma ou duas raparigas no cais do porto, em noites escuras, mas pela pouca idade, pela inexperiência ou pela inocência, ficara satisfeito o bastante para parar por aí.
E enquanto Inaiá descobria o corpo tão estranhamente branco de Fernão, seus cheiros e suas funções, ele também descobria o corpo da jovem de cor avermelhada e a cheirava e lambia seu gosto de natureza, e lá ficaram os dois entre as folhas, ela rindo ainda, rindo sempre, como era de sua natureza alegre, ele também achando graça das graças dela, jovens, plenos, em paz.”

quinta-feira, 2 de fevereiro de 2012

Culturas lusófonas na contemporaneidade


Chamada para artigos e resenhas
Culturas lusófonas na contemporaneidade

O blog Estudos Lusófonos abre um novo espaço de discussão dedicado à cultura lusófona contemporânea.

A rubrica Entrevozes será consagrada à publicação de resenhas (livros, exposições, filmes, obras críticas) e de textos jornalísticos ou de teor acadêmico.

Os textos devem ter até 1.000 palavras e podem ser redigidos em português ou em francês.

Os autores devem enviar, por email, um breve Curriculum Vitae e uma autorização de publicação assinada. Os textos serão submetidos à avaliação e aprovação da equipe do blog.

Mais informações e envio dos artigos e resenhas pelo e-mail : etudeslusophonesparis4@gmail.com

Participem!