terça-feira, 21 de fevereiro de 2012

Um dedo de prosa com Lídia Jorge


Um dedo de prosa com Lídia Jorge

Este mês Um dedo de prosa tem a honra de apresentar a  escritora portuguesa Lídia Jorge que concedeu à equipe do Blog Estudos Lusófonos uma entrevista durante a inauguração da Exposição  «O Dia dos Prodígios. Lídia Jorge. 30 anos de escrita publicada».
A homenagem  à  escritora portuguesa  foi realizada  na Résidence André de Gouveia da Cité Internationale de Paris no dia 28 de Janeiro de 2012. Ela  contou com a presença de Sua Excelência o Embaixador de Portugal na França,  do Prefeito da cidade de Loulé, de Anne Marie Métailié, editora, e de Maria Graciete Besse , Professora Catedrática e Diretora do Departamento de português da Universidade de Paris-Sorbonne.
Nos links abaixo, assistam à entrevista de Lídia Jorge. Vejam as fotografias da exposição e consultem as informações disponibilizadas pela equipe do Blog Estudos Lusófonos. 
Links :
Entrevista
Fotografias


Ce que peut l’écriture : Lídia Jorge face à son temps
C’est pour nous un grand honneur d’accueillir aujourd’hui Lídia Jorge, l’une des figures majeures de la littérature portugaise contemporaine, auteure d’une vingtaine de livres  (10 romans, 4 livres de contes, 1 pièce de théâtre, 2 livres pour enfants, 1 essai).
L’exposition que nous allons découvrir  montre  dans quelle mesure  Lídia Jorge pratique, depuis plus de 30 ans, l’écriture  comme un engagement envers le réel, en faisant œuvre de mémoire dont chaque livre constitue une étape. Et on peut commencer par se demander ce que peut l’écriture, question qui taraudait déjà les écrivains des années 60 mais qui n’a rien perdu de son actualité.
Dans un très beau texte exposé  ici, Lídia Jorge se souvient de son premier jour d’école. En ramassant son stylo tombé par terre, elle découvre qu’une partie de ses camarades  étaient pied nus.  Une fois rentrée à la maison, elle tente généreusement de leur trouver des  chaussures mais se rend vite compte de l’impossibilité de son geste. Quelques années plus tard, en évoquant ce souvenir, elle conclut que l’écriture devient pour elle, symboliquement,  une façon de les chausser, en leur offrant des mots susceptibles de les faire avancer en liberté et en conscience sur les chemins de la vie.  Ainsi, les chaussures peuvent devenir parfois des bottes de sept lieues…En parcourant l’œuvre de Lídia Jorge, nous comprenons que la littérature est effectivement une expérience de liberté mais cette expérience est valable autant pour l’auteur que pour le lecteur : en effet, ses livres nous aident à échapper aux forces d’aliénation et d’oppression et à mieux comprendre le monde qui nous entoure.

On pourrait dire, de manière très synthétique que les grands thèmes qui intéressent  Lídia Jorge sont, avant tout, le secret, l’héritage, la mémoire et l’identité. En faisant la chronique du temps, elle nous offre un  témoignage profond  sur notre société (coloniale et post coloniale), dans l’affirmation constante de l’importance d’un certain réel revisité par la fiction.
Depuis La journée des prodiges, récit paru en 1980, l’œuvre de Lídia Jorge n’a cessé d’être couronnée par de nombreux prix littéraires, gages de sa qualité et de son importance. Le Rivage des murmures,  La forêt dans le fleuveLa couverture du soldatLe Vent qui siffle dans les gruesNous combattrons l’ombre, ou encore La Nuit des femmes qui chantent, son dernier roman, voilà quelques titres qui ne laissent jamais le lecteur indifférent.
Malgré la diversité des thèmes et des motifs, il y a cependant une constante dans l’écriture de la romancière qui trace une trajectoire  nourrie par l’indéfectible intérêt pour l’humain : tous ses romans témoignent d’une véritable fascination pour l’Histoire qui constitue le lieu par excellence où l’humanité même devient lisible. En prenant appui sur la matière humaine et historique, son œuvre nous aide  à réfléchir sur le monde et les êtres, « brisant en nous la mer gelée », qui est, comme le disait Kakfa, la qualité majeure d’un vrai livre. 
La critique a déjà observé que les romans de Lídia Jorge « donnent souvent l'impression d'être tissés. (On y trouve) Luxuriance, enchevêtrement des thèmes, polyphonies, apparition récurrente ou mise en écho de tel ou tel motif, multiples possibilités de lectures créent à l'intérieur du récit des reliefs, des textures, des couleurs singulières, semblables à celles d'une tapisserie ».
C’est cette « tapisserie » que nous allons évoquer rapidement en forme d’invitation à la lecture des 10 romans de Lídia Jorge publiés à ce jour. Nous essaierons de ne pas trop simplifier une œuvre complexe, mais il nous sera cependant impossible d’en montrer toutes les nuances et subtilités que vous découvrirez dans votre aventure personnelle de lecture. Et je suis sûre qu’elle va devenir une urgence lorsque vous entendrez Lídia Jorge parler elle-même de sa relation à l’écriture.

Au Portugal, la Révolution des Œillets (1974) permet l’émergence d’une parole produite par les femmes qui introduit dans la littérature portugaise une vision différente du monde, avec une pratique singulière de la langue. On ne doit certes pas oublier les quelques femmes auteurs qui se sont fait connaître pendant la dictature – Irene Lisboa, Agustina Bessa Luís, Maria Judite de Carvalho, Maria Ondina Braga, Natália Correia, ou encore les trois Marias – Maria Isabel Barreno, Maria Velho da Costa, Maria Teresa Horta -  qui provoquent un immense scandale lorsqu’elles publient, en 1972, les Nouvelles Lettres Portugaises. Mais il paraît évident qu’après le 25 avril 1974 la parole des femmes s’affirme de plus en plus pour  engager le lecteur dans une véritable aventure de pensée.
En 1980, Lídia Jorge publie donc son premier roman, La Journée des Prodiges, qui connaît la consécration immédiate. Elle y évoque de façon très originale la manière dont la révolution est perçue dans un village traditionnel de l’Algarve, sa région d’origine, nourri de superstitions et de mythes archaïques. La dimension polyphonique de l’écriture et la primauté accordée à l’oralité provoquent l’admiration des critiques, même les plus conservateurs comme João Gaspar Simões. Son deuxième roman, O Cais das Merendas (1982) poursuit le questionnement sur les racines portugaises et dénonce les méfaits du tourisme qui induit une acculturation des paysans de l’Algarve, travaillant dans les hôtels de la côte, fréquentés surtout par des Anglais. Dans un contexte post révolutionnaire, l’auteure interroge les identités, l’opposition entre le centre et les marges, la néo-colonisation culturelle, les nouveaux codes culturels qui vont de pair avec la perte des traditions ancestrales.
Une certaine déception est au centre de son troisième roman, La forêt dans le fleuve (Noticia da Cidade Silvestre, 1984), dont l’intrigue se déroule à Lisbonne pour articuler réel et imaginaire. Lídia Jorge s’y intéresse aux êtres blessés, aux rythmes sociaux et à la cohésion communautaire. Le récit porte l’empreinte des bouleversements historiques et traduit une grande inquiétude identitaire.
Dans Le Rivage des Murmures (1988), l’espace s’élargit et la romancière interroge l’Histoire, ainsi que le font beaucoup d’auteurs à cette époque, mais elle nous propose un regard féminin porté sur la guerre au Mozambique, présentée comme un basculement fondamental dans la vie de toute une génération de Portugais et d’Africains. Le roman, qui a été magnifiquement adapté au cinéma par Margarida Cardoso, n’est pas exactement un roman sur la guerre, mais plutôt une réflexion sur la colonisation, le pouvoir  et la manière dont les  hommes sont transformés par la guerre et par l'horreur qui les fascine. 
Le Jardin sans limites (1995) reprend l’espace de Lisbonne pour nous parler d’un homme-statue qui offre son immobilité en spectacle sur les places de la ville. La question identitaire se trouve à nouveau au centre de l’intrigue, pour dire le désenchantement d’une jeunesse à la dérive.
La Couverture du Soldat (O Vale da Paixão, 1998), qui est à mon avis l’un de ses meilleurs romans, aborde encore une fois le thème de l’identité, de façon très intéressante, à travers le récit qu’une fille fait de la figure de son père absent, adoré et détesté. En évoquant l’histoire d’une famille traditionnelle, la romancière décrit le changement qui s’opère dans les êtres, en même temps que les mutations accélérées subies par le Portugal durant les années 50 et 60, lors du passage d’une société agraire repliée sur elle-même à un espace de loisirs où le tourisme devient une activité de plus en plus prometteuse et à un moment où l’émigration des Portugais vers le monde entier bat son plein. J’ai déjà eu l’occasion de montrer ailleurs que ce roman se présente comme un parcours orphique où la narratrice entreprend un voyage au cœur d’une vie et d’une époque, afin de restituer un héritage et de dramatiser un destin. La couverture du soldat qui donne le titre à la traduction française, est justement le dernier héritage laissé par le père absent à sa fille, représentant aussi un corps symbolique, celui du destin portugais, marqué par la guerre, le voyage et l’émigration.
Dans Le Vent qui siffle dans les grues (2002), la romancière raconte l’histoire bouleversante d’une étrange jeune fille de milieu bourgeois algarvio qui tombe amoureuse d’un travailleur immigré capverdien. Attachée à ses privilèges de race et de classe sociale, la famille s’oppose avec violence et cruauté à cette relation. L’intrigue se développe à partir de la multiplicité des regards des personnages, donnant au lecteur la vision de deux mondes inconciliables, et révélant la dimension complexe de la société portugaise post coloniale.
Le roman suivant, Nous combattrons l’ombre (2007) est un récit  inquiétant, qui, entre le réel et l’onirique, retrace l’aventure inquiétante d’un psychanalyste lors de la nuit de passage à l’an 2000 pour nous montrer les secousses qui bouleversent jusqu’au plus intime des individus. 
Le roman qui vient de paraître en traduction française chez Métailié, La Nuit des femmes qui chantent (2011), raconte le parcours de cinq jeunes femmes, issues d’Afrique, qui, à la fin des années 1980, sous la direction de Gisela, la maestrina, ambitieuse et manipulatrice, se sont battues pour  former un groupe vocal et enregistrer un disque qui  a connu un certain succès.   Vingt et un an plus tard, elles se retrouvent dans un ciné-théâtre de Lisbonne, grâce à une émission de télévision, lors d’une « nuit parfaite » et fulgurante, qui évoque leur succès éphémère et constitue le point de départ du long monologue de Solange,  la parolière du groupe, dont le travail de mémoire permet de reconstituer la densité psychologique d’une aventure collective qui se déroule à un  moment  où le Portugal, sorti de son expérience coloniale,  commence à se moderniser. Pleine d’échos du passé, tournée  vers la compréhension de soi et des autres, nourrie par le secret et la perte des illusions adolescentes, la voix de Solange dessine subtilement les méandres de la mémoire individuelle et collective pour nous donner à lire le portrait d’une époque, avec ses doutes, ses tâtonnements et ses échecs.  Lidia Jorge, une fois de plus, crée là des personnages féminins  inoubliables et montre que le roman peut véritablement nous offrir la face visible du monde contemporain.
Toute l’œuvre de Lídia Jorge se distingue par une attention soutenue à l’univers féminin et par la célébration d’une écriture prodigieuse où le réel et l’imaginaire, l’histoire et le mythe se rejoignent à la faveur de subtiles correspondances qui révèlent le double désenchantement d’un âge et d’une époque.
 Lorsqu’elle commence à publier, en 1980, on  assiste à  un virage dans la littérature portugaise  mais aussi européenne. L’écriture est alors travaillée par un retour au récit, mais un récit strié de blancs, d’ellipses et de lacunes, un récit porteur de mémoire, taraudé par la revisitation de l’Histoire et de la mémoire familiale, afin de dire les apories contemporaines de l’héritage et des difficultés de la transmission. Michel de Certeau a bien montré que le récit contemporain a affaire au minutieux travail de la perte et du deuil, qu’il fabrique du présent en se libérant du passé. Dans ce sens, on pourrait dire que pratiquement tous les romans de Lídia Jorge, de 1980 à 2011,  sont traversés par un souci archéologique  mais aussi profondément éthique qui investit le passé à la recherche d’une vérité à la fois singulière et plurielle.
Mais je suppose que vous avez hâte d’écouter  Lídia Jorge nous parler elle-même de son paysage mental. Nous allons donc reprendre  la question initiale, et lui demander  « que peut l’écriture ? ». Nous aimerions aussi savoir  ce que représente pour elle cette exposition sur 30 ans de sa vie écrite.   

Présentation de Lídia Jorge réalisée par Mme le Professeur Maria Graciete Besse de l'Université de Paris-Sorbonne
 le 28 janvier 2011, à la Résidence André de Gouveia 
Hommage à l’occasion de l’inauguration de l’exposition sur 30 ans d’écriture, en présence de Son Excellence l’ambassadeur du Portugal,  Anne Marie Métailié, éditrice, et du Maire de Loulé
Un peu de lecture

LES DEUX SMOKINGS
Nous devrions rire de la fragilité de la mémoire ou pour le moins sourire des ruses auxquelles l’oubli a recours. En effet, maintenant que trois ans se sont écoulés depuis l’avènement du nouveau millénaire, si on nous demandait ce qui s’était passé lors de cette nuit que nous avions tenue alors pour mémorable, il ne nous viendrait guère à l’esprit autre chose que l’image sidérale d’un feu d’artifice retombant au-dessus de l’estuaire d’un fleuve comme une pluie d’étoiles. Et pourtant les choses ne se passèrent pas tout à fait ainsi.
J’évoquerai en l’occurrence le moment où Osvaldo Cam­pos commença à remonter l’avenue de Santa Pul­quéria sous les arbres échevelés de l’hiver. Tout semblait tranquille. Les êtres épris de paix diraient qu’un état de grâce avait imprégné les nuages sombres et les actions humaines. Le matin, les enfants des écoles primaires avaient monté une chorégraphie sur la place de l’Empire, chaque écolier portait un chiffre en haut de son bonnet, dessinant ainsi des dizaines et des dizaines de 2001 pendant que, leurs petits bras levés, ils avançaient en direction d’une muraille de toile sur laquelle on pouvait lire le mot Avenir. Les services météorologiques avaient prévu du mauvais temps et, malgré l’averse qui semblait sur le point de s’abattre du ciel à chaque instant, pas une goutte n’était tombée. Pendant ce temps, un homme euphorique qui marchait derrière les enfants annonçait la fin des préceptes de Machiavel et déclarait qu’il était urgent de réécrire Le Prince en recourant exclusi­vement à l’abécédaire de la bonté et du respect mutuel. Alors, sept plus sept parmi ces enfants avaient offert au fleuve gris et aux mouettes leur dos minuscule sur lequel était écrit NOUS SERONS HEUREUX. Ce fut un moment d’émotion pour les yeux. Osvaldo Campos n’y avait pas assisté, il était psychanalyste et vivait plongé dans d’autres vies. Mais ce n’est pas parce qu’on ignore ce qui nous concerne qu’on cesse de faire partie de l’inconnu.

Il avait garé sa voiture comme d’habitude en bordure du Jardin de Santos et il cheminait sur un tapis de feuilles mortes qui assourdissait le bruit de ses pas tandis qu’il avançait sous les branches dénudées des tilleuls. Et contrai­rement à ce qui se passait dans les rêves de ses patients où, impalpable, son corps surgissait délivré de toute pesanteur dans un espace onirique sans contours ni obstacles, en cette fin d’après-midi le profes­seur Campos, comme il était connu dans son milieu, marchait chargé d’objets et sa silhouette collait aux pavés de la chaussée sous un amon­cellement de paquets véritablement indécent. S’il s’était agi d’un jour banal dans un calendrier ordinaire, un regard impartial aurait qualifié cet homme de légèrement ridicule. Un ridicule provenant du fait qu’il se laissait surprendre en train de se colleter avec une charge excessive et inutile, devenue obscène en raison du caractère privé d’objets qu’il exhibait publiquement. Une exagération qui l’intégrait involontairement à la marche qui avait eu lieu le matin en direction de la muraille en drap où était écrit le mot Avenir.
Mais s’il faut en revenir au point où tout a commencé, il conviendra alors de dire qu’au bras droit d’Osvaldo Campos était suspendu un sac d’où sortaient des livres et des semelles de souliers, sans parler de l’habituel porte-documents rebondi et de l’ordinateur dans une serviette d’où pendaient plusieurs liasses de journaux mal repliés. Son épaule gauche soutenait un emballage en plastique abritant un smoking et une chemise blanche accrochée à son cintre, comme si tout cela sortait de la teinturerie dans le seul but d’être exposé sur son dos. Osvaldo Campos avançait d’un pas pressé sous son chargement asy­métrique qui provoquait une claudication inappropriée chez un homme sain dans un espace public. Bien qu’il ne fût pas seul à faire montre de cette espèce de laisser-aller propre aux courses de dernière minute. Bien au contraire. Deux gamins marchaient sur le trottoir en tenant des bouquets de fleurs si gigantesques qu’ils leur cachaient le visage et entra­vaient leurs petits pas courts. Leur jeune mère, elle, portait dans les bras un immense carton de pâtisserie orné d’un ruban et d’un nœud qu’elle maintenait en équilibre avec beaucoup de soin comme s’il s’agissait de son fils préféré. De l’autre côté de la rue, le propriétaire du snack-bar Andorinha jetait dans le massif au pied d’un arbre centenaire deux seaux d’eau pleins d’écume, contrairement à tous les règlements. Dans le ciel, un avion en provenance de l’Afrique s’engageait dans un couloir inusité et se diri­geait en tonitruant vers le toit du Parlement comme si c’était là sa destination. Et la personne qui aurait regardé le fleuve au même moment aurait pu voir le paquebot Berganza jeter l’ancre le long du quai le plus proche de la place, juste devant le périmètre où retomberait deux heures plus tard la copieuse pluie d’étoiles dessinée par le feu d’artifice.
Osvaldo Campos pensa : “Il se fait tard…”
Et il se mit à remonter plus vite l’avenue en s’appuyant sur sa jambe gauche, la droite étant raidie par les sacs incom­modes. Il ne se rendait même pas compte que devant la porte du 75 par laquelle il allait entrer il y avait des places libres où il aurait pu garer sa voiture. Il n’avait pas eu le temps de se dire que l’annonce des heures de fêtes avait modifié comme l’année précédente la logique du stationnement des véhicules, il ne s’était pas non plus aperçu que les réverbères à la hauteur des tilleuls étaient déjà allumés. Mais la précipitation d’Osvaldo Campos avait un sens ou du moins une justification, car il transportait dans son Toshiba la première mouture d’un texte qu’il avait l’intention de terminer avant la fin du jour, après six mois d’atermoiements et de promesses, et le reste de la soirée pour laquelle il avait établi des limites de départ et d’arrivée dépendait de l’heure à laquelle il terminerait l’article. Et, en attendant, le respect de ces délais n’était pas une mince affaire.

Le matin, il avait même songé à renoncer.
Extrait de Nous combattrons l'ombre de Lídia JORGE, éditions Métailié, 2009. 


Breve percurso bio-bibliográfico

A escritora nasceu em 1946 na aldeia de Boliqueime, no Algarve. Licenciou-se em Filologia Românica na Universidade de Lisboa, passou alguns anos decisivos em Angola e Moçambique, durante o último período da guerra de independência, deu aulas, escreveu numerosos livros editados em várias línguas. Recebeu variadíssimos prémios, em Portugal e no estrangeiro. A publicação do seu primeiro romance, O Dia dos Prodígios (1980) foi uma verdadeira revelação, saudada unanimemente pela crítica, numa época de intensa renovação da literatura portuguesa. A assinalar o 30.º aniversário da sua publicação, a Câmara Municipal de Loulé promoveu a exposição bio-bibliográfica Trinta Anos de Escrita Publicada, entre novembro de 2010 e março de 2011, no Convento de Santo António dos Olivais. Uma parte significativa desta exposição pode ser vista atualmente em Paris desde 28 de janeiro (2012),  graças às diligências de Pierre Léglise-Costa e Ana Paixão, com o patrocínio do Instituto Camões, podendo ser visitada até 10 de março, na Residência André de Gouveia (Cité Internationale, 7 Bl Jourdan, 75014, Paris)das 9h00 às 19h00 (durante a semana) e das 13h00 às 19h00 (no fim de semana).


Bibliografia

Romances:
  • O Dia dos Prodígios - 1980
  • O Cais das Merendas - 1982
  • Notícia da Cidade Silvestre - 1984
  • A Costa dos Murmúrios - 1988
  • A Última Dona - 1992
  • O Jardim Sem Limites - 1995
  • O Vale da Paixão - 1998
  • O Vento Assobiando nas Gruas - 2002
  • Combateremos a Sombra - 2007
  • A Noite das Mulheres Cantoras - 2011
Contos:
  • A Instrumentalina - 1992
  • O Conto do Nadador - 1992
  • Marido e outros Contos - 1997
  • O Belo Adormecido - 2004
Literatura Infantil:
  • O Grande Voo do Pardal, ilustrado por Inês de Oliveira - (2007)
  • Romance do Grande Gatão, ilustrado por Danuta Wojciechowska - (2010)
Ensaio:
  • Contrato Sentimental - 2009
Teatro:
  • A Maçon - 1997

  Prémios literários

Quelques liens...alguns links
Vídeos, websites e blogs – em português

Entrevista de Lídia Jorge ao programa Câmara Clara da RTP2 ( 20 de Março de 2011)

Entrevista de Lídia Jorge para o programa Baseado Numa História Verídica

Lidia Jorge : Encontro Criticos em Loulé 2011

Website oficial da escritora

Blog Lídia Jorge

Vidéos, websites et blogs – en français

Lidia Jorge présente son dernier livre publié en France, Nous combattrons l'ombre.

Lidia Jorge réagit au livre de Paulina Chiziane : Le chant joyeux de la perdrix.

Entretien avec Lídia Jorge pour la Fondation Laposte ( édition du 25 mars 2004). Propos recueillis par Nathalie Jungerman

France Inter, émission du dimanche 29 janvier 2012, par Patricia Martin et Fabrice Drouelle

France culture : « Le RenDez-Vous ». Emission du jeudi 26 janvier avec Zoé VALDES, Lidia JORGE et la session de Mariana RAMOS

France Inter : « L’humeur vagabonde » par Kathleen Evin, émission du jeudi 26 janvier 2012

Um comentário: