segunda-feira, 11 de dezembro de 2017

L’imaginaire des enfants, ici et là-bas


L’imaginaire des enfants, ici et là-bas

Ângela Lago
Paris, 2015

Je commence, tout de suite, notre échange par une histoire personnelle. Je participe, en tant qu’élève, à un atelier de traduction dans une communauté virtuelle. Récemment, l’animatrice nous a proposé la réflexion suivante : les personnages qui entourent le Petit Prince appartiennent tous au genre masculin, ce qui rend la Rose encore plus précieuse dans sa féminité. En portugais, le nom de plusieurs personnages, comme le renard, appartient au genre féminin.

Je parlais de ce sujet avec une amie, tout aussi virtuelle, et de langue espagnole, et sans m’en rendre compte je lui ai demandé s’il serait possible de traduire dans sa langue une expression nouvelle de notre poétesse Adélia Prado, « arbre gynécologique ». Il me semble étrange que cette amie fasse référence, au masculin, à un symbole aussi maternel que l’arbre. Mais elle avait des arguments plausibles pour défendre l’emploi d’un autre genre pour nomme ce végétal.


La langue est à la base de la culture humaine. Et cette simple question de genre, de noms confirme à quel point les différences entre les cultures peuvent être subtiles, sophistiquées, profondes.

J’imagine que l’étude comparative de ces nuances linguistiques est extrêmement éclairante. Par ailleurs, approfondir la connaissance des différences culturelles, à l’aide de toute méthode possible, ne peut que nous enrichir. C’est la singularité qui rend possible les rencontres qui nous changent. C’est elle qui nous fait penser et grandir.

Néanmoins, je reconnais plus facilement les similitudes que les différences. Sans doute, parce que je suis écrivaine et que je me soucie davantage des singularités que des généralisations. Au-delà des ethnies et des nationalités, c’est la personne au singulier qui trace notre humanité commune.

Même le conte folklorique, mon matériel de travail, qui devrait faire apparaître les dissemblances, me montre, au contraire, les convergences, tout en effaçant les frontières.



Prenons les apparitions. Elles sont capables de couvrir d’énormes distances. Je le sais, depuis toute petite. C’est ce que disait mon père lorsque je me plaignais de ces apparitions, dont la présence dans notre famille nous remplissait de fierté, qui étaient généralement connues dans une ville éloignée où habitait l’une de mes copines.

Je rappelle encore que nous sommes tous, adultes comme enfants, des êtres en devenir. Et aussi qu’entre les différents âges les frontières s’effacent.

La structure de l’imaginaire de l’enfant n’est pas différente de celle que nous partageons. Nous avons tous besoin de beauté et d’humour. Et nous faisons appel à la fantaisie pour structurer les anxiétés ou les désirs qui nous effrayent. C’est la raison pour laquelle les contes traditionnels folkloriques sont éternels, y compris les conte de fées, car leurs caractéristiques se ressemblent partout dans le monde Ces contes vivent encore grâce à l’intérêt qu’ils suscitent chez les personnes de tout âge.

Enfant, encore, j’ai participé aux joutes d’histoires et de chansons dans la ferme de mon grand-père, où les enfants étaient toujours les bienvenus. Tous, enfants comme adultes, étions émerveillés par les rimes spontanées qui jaillissaient lors de joutes entre les gardiens de troupeau. Enchantés et naïfs devant les histoires de toujours. Je connais ce lieu, où vivent en harmonie les animaux, les gens simples et les enfants.



J’avais peut-être six ans et j’étais encouragée à flâner seule dans les champs. Je jouissais alors d’une sensation de profonde liberté et d’un énorme plaisir dans l’exercice de la solitude et de la rêverie. Cette époque, je crois, a laissé des traces plus intenses que la vie dans les villes par lesquelles j’ai passé, au Brésil et à l’étranger. L’absence des parents, qui restaient à la maison avec les autres enfants, intensifiait mon sentiment d’autonomie. La nuit, j’allais avec mon grand-père débrancher le générateur. La lumière jaune dessinait des ombres. En débranchant les ombres, les apparitions s’en allaient. Sans l’éclairage, sans les ombres incertaines, oscillantes, nous nous rendions à l’immensité de la voûte céleste.

Cela fait un an que j’ai emménagé dans un petit village, une région splendide, mais l’une des plus pauvres du Brésil et je reconnais en moi les mêmes sentiments de l’enfance. C’est avec une joie immense que je m’assieds à nouveau auprès des gens simples et que j’écoute des histoires. Je traverse encore les champs, toute seule, et je retrouve le plaisir que l’on ne peut éprouver que dans la jouissance de la nature.
Mon imaginaire d’enfant serait-il différent de celui de maintenant ? Et après tout, que fait l’imaginaire ? La singularité de ma vie et de mes rencontres, la terre qui m’a vu naître ou celle que j’ai choisie, ma langue et celle que j’essaye d’apprendre, tout ce que je sais, tout ce que je ne sais pas, ma mémoire, mon oubli ?

« L’ici » et le « là-bas », à un moment donné, sont-ils le même endroit ?



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Traduction de Lucilia Wuillaume

Révision de Virgínia Mata Machado. 

domingo, 10 de dezembro de 2017

Elvira Vigna et João A. Carrascoza



Daniel Senise
Spatialités du narrateur chez Elvira Vigna et João Anzanello Carrascoza

Leonardo Tonus
Université Paris-Sorbonne


 Dans les trois volumes du Temps et Récit Paul Ricœur nous présente une théorie assez complexe sur les possibles liens entre le fait littéraire et notre compréhension du temps.  Le philosophe propose d’identifier et de penser le caractère aporétique de toute pensée spéculative sur le temps à partir, notamment, des opérations d’ordre poétique tout en s’appuyant sur la leçon d’Aristote selon laquelle penser le temps, c’est le représenter. Ricœur nous conduit ainsi à revoir le monde de la fiction dans une relation étroite de contrepoint avec le monde historique. Dans la configuration narrative du texte, il s’acharne à déceler la présence, non importée et non importable, d’une « expérience fictive du temps » où le monde de chaque œuvre viendrait enrichir de manière fictionnelle, par ses variations imaginatives, l’expérience humaine imaginaire du temps. La littérature devient ainsi pour le philosophe « l'instrument irremplaçable d'exploration de la concordance discordante que constitue la cohésion d'une vie ».
Si ce postulat nous paraît fondamental pour penser la littérature d’une façon globale, il s’avère primordial dans le cadre de la modernité qui a élu le temps comme principal paramètre  esthétique et épistémologique. L’œuvre de  Marcel Proust, de James Joyce, de Virginia Wolf, de Thomas Mann, ainsi que les travaux critiques de Pouillon, de Genette et de Sternberg témoignent de cette vision et de l’importance conférée aux catégories temporelles  au sein de la création et de la critique littéraire. C’est notamment en fonction de ces catégories que la narratologie a pensé en grande partie les configurations du récit et celles qui définissent le statut du narrateur : son insertion ou non dans l’axe temporel (narration antérieure, simultanée  ou postérieure) et  son protagonisme (homodiegese/heterodigese).

Or, selon le critique français Michel Collot, l’ère des temporalités semble finie. Depuis les années 1980, le critique constate  un intérêt croissant  pour les études portant surtout sur les rapports entre  littérature et espace. Cette promotion de l’espace témoigne, selon lui, d’une mutation épistémologique générale qui depuis quelques décennies affecte l’ensemble des sciences de l’homme et de la société. Curieusement la plupart des études portant sur la poétique narrative continue d’ignorer les catégories spatiales. En effet, quelle place occupe de nos jours l’espace dans l’ensemble de l’intelligence narrative et en particulier dans la détermination du statut du narrateur ?
En partant du principe énoncé par Michel de Certeau selon lequel tout récit impliquerait une pratique de l’espace, mes dernières recherches m’ont conduit à repenser les rapports affectifs, esthétiques, éthiques et politiques que les personnages de la littérature brésilienne contemporaine entretiennent avec les lieux et les espaces qu’ils fréquentent, parcourent ou dans lesquels ils s’insèrent.  Pour étayer mes analyses, je me suis penché, tout d’abord, sur les récits (romans ou nouvelles) exprimant l’état d’extra-territorialité des voix auctoriales et actoriales, notamment grâce aux figures du voyageur, de l’immigré ou du clandestin. En m’appuyant sur le concept de Relation proposé par le poète et essayiste Edouard Glissant et la perception topologique de l’espace de Simon Harel, j’ai pu ainsi constater comment certaines figures liées à l’expérience de l’exogenie étaient absentes des lettres brésiliennes, notamment celles qui témoignent de pratiques illicites à l’égard des espaces culturels dans lesquels elles se trouvent : contrebandiers, réfugiés de guerre, immigrés clandestins, etc. On retrouve ces figures,  néanmoins, chez Adriana Lisboa, Luiz Ruffato, Aldyr Garcia Schlee ou encore chez Bernardo Carvalho qui confèrent à ces personnages  un rôle souvent transgresseur.  Chez tous ces auteurs, immigrés clandestins, réfugiés, sans papier et contrebandiers déstabilisent, court-circuitent et braconnent les espaces hégémoniques en vue d’une dissolution des emprises territoriales et identitaires. Tous soulignent dans leurs œuvres la condition (ou l’état) de négativité et de dépossession qui caractérisent ces figures littéraires. Chez ces auteurs, le clandestin cesse ainsi d’être une figure littéraire pour devenir « non-figure », « sans-lieux », logé dans un « non-espace », voire dans un « espacement » qui exprime son écartèlement identitaire.  Celui-ci nous rappelle la distance que vit tout clandestin au quotidien entre « les espaces autorisés » et « les espaces interdits », entre un « ici » et son « là-bas », entre « lui » et « l’autre », entre, finalement,  « lui » et « lui-même » après la cassure identitaire imposée par son expatriation illicite. Tout clandestin, littéraire ou pas, appartient au domaine de «l’entre ». 


Parallèlement à cet ancrage sociologique et moins centrées sur les questions de la représentation, mes recherches m’ont proposé de nouvelles pistes théoriques sur ce que j’appelle « la spatialité du narrateur », autrement dit, sur l’expérience spatiale des instances narratives et ses effets sur le processus de lecture. Cette idée m’est venue après de la lecture des romans de l’écrivaine brésilienne Elvira Vigna et d’une interview qu’elle m’a accordée pour le Blog Etudes Lusophones en 2012 au moment de la rédaction de son roman O que deu para fazer em matéria de história de amor (2012). En évoquant la complexité de ses narrateurs, Elvira Vigna commentait à cette époque :

Nesta ocasião, estou frente à seguinte dificuldade. Meu último texto ficcional, o Nada a dizer, teve um narrador problematizado de forma radical. Depois de uma longa fila de narradores que acham necessário: 1) avisar que mentem ao contar a história; 2) que declaram não ter ideia de como a história acaba, ensaiando inclusive várias hipóteses para ela; 3) que não têm nome ou vários nomes diferentes; 4) no Nada a dizer o narrador simplesmente não conta a história. Todo o livro é uma problematização de seu papel como narrador, e a história a ser contada – a de um assassinato – não é contada. Agora, trato de pensar um próximo narrador a partir da base comum a todos eles, e que é espacial antes de ser temporal [...] [1] 
Les narrateurs chez Elvira Vigna témoignent d’une spatialité (voire d’un espacement)  obtenue grâce à la friction entre les régimes fictionnel et véridique et  le cadre métafictionnel. La mise en place de ces deux stratégies discursives viserait, selon l’auteur,  à atténuer les effets du processus de spectacularisation auquel le système littéraire fait face dans son ensemble depuis quelques années. Pour l’auteur, toute littérature issue de ce processus, n’expose pas ses  lecteurs, ni ses narrateurs à l’expérience du divers. En renforçant la distance vis-à-vis du sujet abordé, notamment par l’utilisation des procédés de représentation classiques, la spectacularisation se place à l’encontre de toute pensée créatrice ouverte aux questionnements et aux transformations. Rien de cela chez Elvira  Vigna qui oblige, au contraire,  ses narrateurs à opter pour une distanciation vis-à-vis  du récit et d’eux-mêmes tout en  revendiquant leur présence en chair et en os.  Selon  l’auteur elle-même :

É preciso que meu narrador tenha a exata distância do que irá narrar – e de mim. Sendo que o que ele irá narrar só saberei quando narrar. Há apenas, para começar, uma cena, que é, como sempre, vivida. Para saber que cena é esta é preciso narrá-la. Para narrá-la, preciso de alguém que a narre. E este alguém me dará todo o resto. Portanto, antes da construção temporal, literária, há uma questão espacial, que é a distância – emocional, cognitiva – do narrado. Como o que conto é sempre o vivido, tal distância também será, ao mesmo tempo, uma distância de mim.

Comme le souligne le critique Anderson da Mata  c’est avant tout dans l’impossibilité de raconter une histoire que se situe l’univers fictionnel d’Elvira Vigna.  Les lecteurs  y sont confrontés constamment à des narrateurs qui doutent de leur capacité à évoquer leurs histoires ou  qui exposent publiquement leur incapacité d’élaborer toute sorte de récit.  L’« espacement » du narrateur  auquel la romancière fait allusion dans son interview se manifeste dans ses textes à partir de ce jeu constant de distanciation/approximation, d’affirmations et refus que le cadre métafictionnel vient rehausser. Si ces mécanismes rappellent en partie le système narratif machadien, notamment celui que l’on trouve dans Memórias Póstumas de Brás Cubas, il s’accompagne, chez Elvira Vigna, d’une fragilisation et d’une altérisation de ses entités narratives et narrataires. C’est dans cet espacement narratif fragile et altéré que se situent les narrateurs, voire les lecteurs de la romancière, obligés ainsi à quitter à jamais leur zone de confort. Bien que souvent associé à l’excès du roman ces dispositifs narratifs ne se limitent pas seulement au genre romanesque et on les retrouve également dans d’autres genres fictionnels notamment dans ceux fondés sur l’économie narrative, voire sur l’absence de narrativité. On retrouve cette même démarche dans les micro-nouvelles de l’anthologie Linha única de João Anzanello Carrascoza dont l’élaboration et la publication en 2016 s’inscrivent  dans le cadre d’un projet de création littéraire financé par l’Institut Itaú Cultural.


Dans Linha única la forme figurative du récit joue un rôle central acquérant, notamment, une valeur sémantique. Dépourvue d’une structure linaire et vectorisée que l’absence de numérotation des pages vient signaliser, l’anthologie s’articule autour de différents groupes thématiques qui tendent à s’enchevêtrer entre eux. Parmi ces différents thèmes, on retrouve : la nature, l’univers de la famille, la mort, la fugacité du temps, l’amour et l’écriture. Ces thèmes et questions ici exploitées renouent avec l’univers affectif de l’auteur qui à la fin d’anthologie s’auto-intitule  l’écrivain des affects archaïques. Il s’inscrit ainsi dans la lignée directe de Michel de Certeau pour qui, écrit-il,  “Avouer c'est aussi réapprendre une langue ‘oubliée’ par la rationalité scientifique et réprimée par la normativité sociale[2].” Comme souligne l’auteur lui-même dans le projet présenté à l’institut Itaú Cultural :

Os minicontos serão, portanto, slices of life, pedaços de realidades íntimas, fractais de sonhos, cacos da vida dos indíviduos na contemporaneidade, e deverão resultar num mosaico de situações dramáticas que acontecem em nosso dia-a-dia. Um mosaico “bizantino”, em que cada partícula exerce a sua função, mas essa se amplia e se ressignifica quando ladeada pelas demais.

L’absence d’une structure vectorisée empêche l’émergence d’un centre stable. Chaque micro-récit s’insère alors dans un réseau de significations plus vaste et solidaire que le recours à certains dispositifs narratifs (appel à une « lisualité textuelle, dispositifs paysagers, écriture poétique) viennent corroborer.  La contrainte quantitative à partir de laquelle les récits sont élaborés en constitue une preuve.  L’anthologie, en effet, comprend plus d’une centaine de micro-récits (148 environ) rédigés en  une ligne unique  ne dépassant pas  la taille d’un tweet, à savoir, 140 caractères. C’est la première fois que João Carrascoza  s’aventure dans le domaine de la micro-fiction qui pour lui témoigne du processus d’érosion que l’expérimentalisme littéraire a fait subir à l’ensemble de l’unité narrative depuis l’avènement de la modernité et des avant-gardes. Il justifie son projet en ces termes :

O objetivo é criar contos tão breves quanto um verso, abordando a pluralidade contemporânea das vivências humanas, consubstanciadas em relatos do cotidiano em seus mais diversos desfechos, neste momento histórico pautado pela urgência do consumo, pela prisão (voluntária ou não) do sujeito ao presente contínuo, pela desterritorialização da violência (e da ternura), pela abundância dos suportes comunicacionais e sua consequente incomunicabilidade.

La mise en place de Facebook, puis celle de Twitter dans les années 2000 n’a fait qu’accroître l’intérêt pour les  micros-récits qui en Amérique Latine seraient nés en 1959 avec Augusto Monterroso et son célèbre Dinosaure (« Cuando despertó, el dinosaurio todavía estaba allí »). De nos jours, la micro-fiction est devenue un phénomène mondial littéraire,  éditorial et sociétal  auquel l’auteur brésilien confère une dimension poétique, notamment, en rattachant ce genre littéraire à la tradition des Haïkus, comme cela est explicitement évoqué dans le récit  POESIE (p. 73) : « Uma rã salta, chuá, no lago. Bashô respinga em mim ». Sur les liens avec l’univers du poète japonais, l’auteur commente :


O Twitter abriu um manancial de textos nos quais os relatos epidérmicos, da vida prosaica, junto aos segredos revelados da vida privada, tornam-se deliberamente públicos, expandindo a escrita confessional e a subliteratura. Respeitando esta forma, de épica em miniatura, buscaremos elaborar os contos na voltagem lírica dos haicais.

Mais c’est avant tout dans l’association entre texte et image que Carrascoza accentue la portée poétique de ses textes. Toute au long de l’anthologie, texte et image entretiennent des rapports d’interdépendance. Les formes graphiques ne sont dans ses micro-nouvelles ni un corps étranger, ni un relais, encore moins un medium plus au moins transparent à décoder. Au-delà d’un simple ornement, elles restent ici  un corps signifiant intégré aux isotopies textuelles. Les structures graphiques collaborent activement à l’élaboration du sens des textes, tantôt en soulignant leur signification selon un système de redondance, tantôt en leur apportant des informations complémentaires face à leur structure elliptique. A ce titre, citons quelques exemples :




Dans les exemples cités ci-dessus on observe une coïncidence partielle entre texte et image. Le projet graphique proposé par Raquel Matsushita s’appuie sur la dynamique du calligramme tout en assurant l’autonomie du texte vis-à-vis de l’image. Si les micros-récits  suggèrent par le biais d’un certain graphisme l’envol d’un oiseau,  la montée des eaux ou encore le soleil couchant, ces textes dissociés des images constituent  également des textes-images. La série « água-viva » et la micro-nouvelle RUINES sont, à ce titre, exemplaires.


Dans les deux cas une double lecture s’impose  selon un système de consonances : d’une part une lecture qui confère un sens aux formes graphiques en lien avec le texte (le regard de la femme et le cercle qui entoure le récit ORDEM ; les demi cercles qui suggèrent un coquillage ou à la lune décroissante dans CONCHA et FASES) ; 


D’autre part nous avons une lecture  qui réfute toute relation mimétique ou rapport illustratif entre le mot et l’image. Dans la série « Agua Viva » les images  forment en elles-mêmes un récit  à part. 


La variation de lignes,  traits,  cercles ou  demi-cercles créent une cadence à la fois harmonique et rythmique composée d’images sous-dominantes, dominantes ou toniques. 

Tracer des contours ou des formes autour des lettres ou les détacher typographiquement revient ici alors à iconiser des mots, des groupes nominaux, voire des signes  graphématiques comme dans le cas de la micro-nouvelle RUINES.


Une série d’éléments linguistiques (le démonstratif déictique « isso », l’injonction verbale adressée directement au lecteur) confèrent à ce  texte une certaine « lisualité »  faisant ainsi  coïncider  le  thème de l’héritage à une représentation presque picturale de la Vanité. A l’instar des couteaux dans les natures mortes, l’accent aigu posé de manière transversale sur la lettre « i » dans le titre de la nouvelle creuse la profondeur du texte. Telle l’anamorphose des Ambassadeurs d’Holbein le Jeune (1533), le titre surgit au centre la page blanche, rompt momentanément avec l’ambiance paisible  de l’anthologie et impose au lecteur/spectateur une nouvelle spatialité.


Pour apercevoir l’anamorphose du tableau d’Holbein le Jeune (1533), le spectateur doit se diriger vers le côté latéral et abandonner sa perception frontale. Or, en réalisant ce mouvement il  laisse le tableau s’insérer dans un espace fixe autour duquel il circule tout en multipliant les points de vue et les jeux d’optique. De même dans le texte/image RUINES une nouvelle spatialité est requise du lecteur confronté alors à une dissonance momentanée, qu’on pourrait associer au « tilt » de Roland Barthes. En évoquant la structure des haïkus dans La Préparation du roman, le philosophe française affirmait :  

J’ai plusieurs fois comparé le haïku avec cette sorte d’expérience mentale qui est connue et nommée dans le bouddhisme zen : le satori. Et je pourrais dire aussi qu’un (bon) haïku est un satori, bien sûr, un petit satori, ou pour reprendre une expression que j’ai déjà employée, une expression très moderne puisque j’ai dit que c’était un bruit de civilisation, le haïku c’est ce qui fait tilt dans mon mental, dans mon esprit. [C’est] une sorte de tintinnabulassions,  qui dit je viens d’être touché par quelque chose. […] Le haïku c’est ça pour moi : une allumette inopinément frottée dans le noir[3].

Ces « tilts » qui parcourent  l’anthologie et que Carrascoza associe à l’épiphanie joycienne[4] opèrent de constantes dissonances au sein du récit. Ils instaurent, également, une dialectique où l’on lit l’espacement entre le code et la performance.  Car les dissonances, comme nous le savons, ne mettent jamais en doute les tonalités installées. Elles ne constituent qu’une entorse momentanée faites à la règle mais qui, toujours faites en règles, imposent au sujet (énonciateur ou lecteur) un écartement vis-à-vis de lui-même, à savoir, l’espacement dont évoquait Elvira Vigna à propos de ses narrateurs. Contrairement à son acception négative qui assimile l’espacement à une déperdition de soi, cette notion est envisagée chez Carrascoza comme chez Elvira Vigna comme un mouvement, voire comme une possibilité du sujet à résider en dehors de lui-même. En d’autres termes et en citant le critique Michel Collot :

On appelait spaciement l’autorisation faite aux moines de certains ordres de quitter la clôture du monastère pour vaquer aux travaux des champs, ou pour se promener, et souvent pour parler. L’espacement du sujet est ce mouvement par lequel il quitte son identité close sur elle-même pour s’ouvrir au dehors, au monde et à l’autre. L’espace est une dimension essentielle de cette ouverture, dont une des modalités n’est autre que la pensée[5].


XXX


* Communication présentée dans le cadre du Symposium Dellocallzing Literature, 25 e 26 de Janeiro de 2017, Freie Universität, Berlim.



















[1] Elvira Vigne, interview au Blog Etudes Lusophones, le 14/11/2011.  URL : http://etudeslusophonesparis4.blogspot.com/2011/11/um-dedo-de-prosa-com-elvira-vigna.html.
[2] M. de Certeau, Histoire et psychanalyse. Entre science et fiction, Paris, Gallimard, Folio, 1987, p.135.
[3] Roland Barthes, La Préparation du roman I et II, Cours et séminaires au collège de France (1978-1979 et 1979-1980), Paris, Seuil, « Traces écrites », 2003, p. 53.
[4] l’épiphanie participe des trois qualités suivantes ;...» « Selon lui, c’était à l’homme de lettres d’enregistrer ces épiphanies avec un soin extrême puisqu’elles constituaient en elles-mêmes les instants les plus délicats et les plus évanescents. » doivent des trois qualités suivantes ; l’integritas, la consonantia et la claritas (Summa theologica, I, q.39, a.8). Très grossièrement résumées, ces qualités renvoient au principe d’identité de la chose en tant qu’elle se différencie de toutes les autres, à l’harmonie de ses proportions et au rayonnement lumineux de son ipséité. Selon J. Carrascoza dans son projet pour l’anthologie : –[…] Por meio dessas micronarrativas, pretendemos retratar a variedade de situações-limite enfrentadas pelo homem pós-moderno. O enredo se limitará a um único instante narrativo, no qual os personagens vivem um vislumbre epifânico – epifania aqui concebida no sentido joyceano.    
[5] Michel Collot, la pensée-paysage, Editions Actes Sud, Paris, 2011, p. 34.

sábado, 2 de dezembro de 2017

Primavera Literária Brasileira 2018

Leonardo Tonus começou a Primavera Literária na Sorbonne (Foto: Walter Craveiro)


Primavera Literária chega aos EUA 
e se espalha pela Europa



Idealizada por Leonardo Tonus (foto), da Sorbonne, com programação primeiro na França e depois também na Bélgica e em Luxemburgo, a Primavera Literária Brasileira se prepara para dar um passo ainda maior em 2018. Já está confirmada uma edição do festival que leva autores para debates com leitores e estudantes estrangeiros de literatura brasileira nos EUA – em Chicago, Columbus, Phoenix e Albuquerque. Tudo em parceria com universidades locais. Portugal, Espanha e Dinamarca também receberão os autores – escolhidos por critérios como diversidade geográfica, editorial e étnico-cultural. O evento vai se prolongar por toda a primavera (do hemisfério norte). Entre os nomes já confirmados, estão Lucia Hiratsuka, Henrique Rodrigues, Márcia Tiburi, Allan da Rosa, José Luiz Passos e Natalia Borges Polesso. 

Fonte : Estadão/ Maria Fernanda Rodrigues  
(2 de dezembro de 2017)

sexta-feira, 17 de novembro de 2017

Pontos de fuga


Pontos de fuga


Três premiadas vozes da novíssima literatura em língua portuguesa falam de suas influências, técnicas e experiências: como lidam com a tradição e a renovam, seus modelos e perspectivas. Debate realizado durante a FLIP 2017 com as escritoras Carol Rodrigues, Djaimilia Pereira de Almeida e Natalia Borges Polesso. Mediação de Leonardo Tonus.
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Três mulheres da novíssima literatura em língua portuguesa — escritoras de romance, contos e poemas — estiveram lado a lado na mesa "Pontos de fuga”, a terceira do segundo dia da Flip, realizada no Auditório da Matriz. A angolana Djaimilia Pereira de Almeida, a carioca Carol Rodrigues e a gaúcha Natalia Borges Polesso transitam entre estudos acadêmicos e escrita literária, mas foi nesta última que estabeleceram de vez sua produção textual. Sob mediação do professor de Estudos Lusófonos Leonardo Tonus, a conversa se estabeleceu nos temas centrais de cada uma, que envolvem identidade, subjetividade, feminino e forma e gêneros literários. 

Antes dos participantes entrarem no palco, foi exibido no telão um videopoema de Josely Vianna Baptista, parte da série "Fruto estranho”.  Com passagens sobre o etnocídio indígena, especialmente do povo guarani, a intervenção artística foi dirigida por Yasmin Thayná e terminou sob aplausos do público.

Quando a conversa entre o trio começou, Natalia ressaltou que ser escritora é uma escolha que precisa ser feita diariamente. "É me formar escritora todos os dias, com o exercício da literatura, do outro, da escuta." Carol comentou o ato da escrita pela perspectiva do silêncio: "Ao escrever, a gente aprende a fabricar a quietude e a compartilhar a quietude". Djaimilia, por sua vez, relatou como foi difícil a transição de doutoranda para romancista. "Ao tentar escrever, percebi que não sabia o que fazer com tanta liberdade, tão habituada que estava ao rigor acadêmico."

Sobre a obra “Esse cabelo”, Djaimilia revelou que, a partir da leitura de blogs de moda, percebeu que não era a única com um "drama capilar". Ao se aprofundar no tema, chegou em questões identitárias da mulher negra e saiu em busca de suas origens, "perceber minha avó, o cheiro da minha avó”, o que a levou para a escrita efetiva do romance. Atentou-se ainda para o fato de que "uma pessoa pode se transformar numa caricatura de si própria", inclusive no contexto de discriminação racial em que ainda vivemos.



Com formação em cinema, Carol citou a influência da experimentação visual em seu trabalho — sobretudo na pontuação, elemento essencial para a condução do ritmo do texto e da respiração do leitor. E acrescentou: "As palavras designam destino, tem o destino que as palavras colocam nos corpos”. Natalia também compartilhou nuances do seu método criativo. "Penso no encontro das palavras, no ritmo, no texto a ser lido quase sem respirar". Às vezes sua preocupação é com o lirismo, com estabelecer conexões e intersecções, alcançar "autoplágios": contos seus que viram poemas e quem sabe até trechos de outros livros.


Por fim, as convidadas falaram de seus personagens, alguns pertencentes a grupos de minorias, e de como buscam a literatura que lance luz a múltiplas histórias. "Talvez não baste para deixá-los visíveis, o que a gente faz é abrir um espaço espaço mental; assim podemos compartilhar sensibilidades", falou Carol. O trio leu também trechos de suas obras, ressaltando marcas e particularidades de cada fazer literário. ( fonte : edições FLIP 2017 )


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Clique no link abaixo para ouvir o debate : Pontos de Fuga

quinta-feira, 9 de novembro de 2017

Poesia brasileira na Sorbonne

Poesia brasileira na Sorbonne

Encontro com poetas brasileiros Edimilson de Almeida Pereira, Ana Martins Marques, Ana Elisa Ribeiro, Fabrício Marques e Lucas Guimaraens no âmbito da  14ª Bienal Internacional de Poetas Paris/Val-de-Marne.

Université Paris-Sorbonne – institut Ibérique
Sexta-feira dia 17 de novembro
Das 15h às 17h
Sala Delpy

31 rue Gay-Lussac
75005 – Paris

Encontro em português.

Por conta do Estado de Urgência e do Plano de Segurança Vigipirate, confirmar sua presença através do email : leotonusbr@hotmail.com


En raison de l’Etat d’urgence et du plan Vigipirate, merci de confirmer votre présence par email à l'adresse suivante : leotonusbr@hotmail.com

( Organização : Leonardo Tonus) 


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Ana Martins Marques é belo-horizontina que busca na expressão da linguagem contemporânea observar o cotidiano por meio de sua poética. É formada em Letras e doutora em literatura comparada pela UFMG. Publicou os livros “A vida submarina”, “Da arte das armadilhas” e “O livro das semelhanças”, esses dois pela Cia das Letras. Em 2007 e 2008, recebeu o Prêmio Cidade de Belo Horizonte de Literatura. Com “Da arte das armadilhas” recebeu o Prêmio da Fundação Biblioteca Nacional na categoria poesia e foi finalista do Prêmio Portugal Telecom. “O livro das semelhanças” recebeu o Prêmio APCA de Poesia e o terceiro lugar do Prêmio Oceanos. Recentemente, publicou dois livros em dupla: Duas janelas, com o poeta Marcos Siscar, e Como se fosse a casa (uma correspondência), com o poeta Eduardo Jorge.



Ana Elisa Ribeiro, também nascida em Belo Horizonte, possui uma criação voltada ao poema curto em que trata das questões relacionais e de gênero. É escritora, professora e doutora em linguística. Publicou mais de 20 livros entre poesia, conto, crônica, infantis e técnico-científicos. É autora de Poesinha (BH, Pandora, 1997), Perversa (SP, Ciência do Acidente, 2002), Fresta por onde olhar (BH, InterDitado, 2008), Anzol de pescar infernos (2013, SP, Patuá, semifinalista do prêmio Portugal Telecom) e Xadrez (BH, Scriptum, 2015). Com o poeta Bruno Brum publicou Marmelada, pela coleção Leve um Livro, que ela também edita, com o patrocínio da Prefeitura de Belo Horizonte. Tem poemas publicados em mais de uma dezena de antologias, revistas e jornais no Brasil, além de poemas publicados e traduzidos na Espanha, no México, na França e em Portugal. Tem participado de festivais literários em mesas-redondas, leituras e oficinas. Atualmente, em seu trabalho como professora e pesquisadora, tem investigado as questões editoriais de mulheres escritoras e editoras no Brasil.



Fabrício Marques é poeta memorialista natural de Manhuaçu, no território Caparaó, que trabalha a relação entre o homem e a máquina para dar corpo à sua poesia. Foi editor do Suplemento Literário de Minas Gerais em 2004. Publicou os seguintes livros de poesia: Samplers (Relume Dumará, 2000, Prêmios Culturais de Literatura do Estado da Bahia), Meu pequeno fim (Scriptum, 2002) e A fera incompletude (Dobra Editorial, 2011, finalista dos Prêmios Portugal Telecom e Jabuti). Também é autor de Uma cidade se inventa (Scriptum, 2015, finalista do Prêmio Jabuti), Dez conversas (entrevistas com poetas contemporâneos, edição bilíngue, Gutenberg, 2004, finalista do Prêmio Jabuti) e Aço em flor: a poesia de Paulo Leminski (ensaio, Autêntica, 2001). Organizou, para a Editora da UFMG, Sebastião Nunes (2008) e Papel Passado (seleção de poemas de Libério Neves, 2013). Juntamente com Tarso de Melo, organizou a antologia digital Inventar la felicidad. Muestra de poesía brasileña (Vallejo & Co., 2016). Participa de antologias e festivais de poesia no Brasil e no exterior.


Natural de Juiz de Fora, Edimilson de Almeida Pereira possui uma poética multicultural, ligada a pesquisas etnográficas, principalmente voltada à poesia africana. Nasceu em Juiz de Fora, Minas Gerais, em 1963. É docente de Literatura Portuguesa e Literaturas Africanas de Língua Portuguesa na Faculdade de Letras da Universidade Federal de Juiz de Fora. Na área de antropologia social publicou, dentre outros, os livros Mundo encaixado: significação da cultura popular (1992) e Do presépio à balança: representações sociais da vida religiosa (1995), A saliva da fala: notas sobre a poética banto-católica no Brasil (2017) e Entre Orfe(x) e Exunouveau: análise de uma epistemologia de base afrodiaspórica na Literatura Brasileira (2017). Na área de literatura infantil e infantojuvenil editou, dentre outros, Os reizinhos de Congo (2004), O primeiro menino (2013); Poemas para ler com palmas (2017, no prelo). Sua obra poética foi reunida nos volumes Zeosório blues (2002), Lugares ares (2003), Casa da palavra (2003) e As coisas arcas (2003). Seus livros de poesia mais recentes são Relva (2015), maginot, o (2016), Guelras (2016), E (2017) e Qvasi – segundo caderno (2017, editora 34).


O poeta Lucas Guimaraens é neto de Alphonsus de Guimaraens. Possui uma produção calcada na remissão literária e no coloquialismo da geração contemporânea, utilizando uma linguagem atrelada ao neo-surrelismo de Murilo Mendes. Nasceu em Belo Horizonte, Minas Gerais, em 1979. Atualmente, é o Superintendente de Bibliotecas Públicas e Suplemento Literário de Minas Gerais e embaixador da UNESCO. É poeta, ensaísta e tradutor. Possui formação em Direito, no Brasil, e em filosofia, na França. Publicou poemas em diversas antologias, periódicos e revistas no Brasil e no exterior (dentre as quais, a Revista Poesia Sempre, da Fundação Biblioteca Nacional, a Revista da Academia Mineira de Letras, a revista Espanhola En Sentido Figurado, a turca Siiristanbul Poetistanbul 2014 e a francesa Caravelles), tendo recebido alguns prêmios literários. Lançou, em 2011, seu livro: “Onde (poeira pixel poesia)”, pela editora carioca 7Letras. Em setembro de 2014 lançou, em Paris, pela editora L’Harmattan, o livro de filosofia “Michel Foucault et la Dignité Humaine”. Em 2015, lançou, pela Azougue Editorial, novo livro de poemas, “33,333 – conexões bilaterais”, com o artista plástico Fernando Pacheco. Em 2017, lançou, em Paris, pela editora L’Harmattan, seu terceiro livro de poemas, “Exil – Le lac des incertitudes”, em edição bilíngue.

BIENAL INTERNACIONAL DE POETAS PARIS/VAL-DE-MARNE

A Bienal Internacional de Poetas Paris/Val-de-Marne foi criada em 1991 por meio da iniciativa do poeta Henri Deluy, com o apoio do Conselho Geral de Val-de-Marne, juntamente com o Ministério da Cultura da França e da Direção Regional de Ação Cultural de Île-de-France. O evento se tornou ao longo dos anos um dos principais festivais de poesia da França e é o mais antigo. Durante esta trajetória, mais de 500 poetas estrangeiros e franceses participaram do encontro. O evento é realizado em diversos locais de Paris, como teatros, bibliotecas, universidades, escolas secundaristas, livrarias, facilitando a troca simbólica entre os poetas o público. As últimas edições contemplaram a poesia da África do Sul, da China, da Austrália, da Coréia do Sul e do Canadá. O presidente atual da Bienal é o poeta Alain Lance e o diretor geral é o poeta e editor Francis Combes.

Para consultar a programação da Bienal clique no link : Bienal de Poesia


Fonte ( texto) : Cultura Minas Gerais

quarta-feira, 8 de novembro de 2017

Hoje, estou artista

© Mariana Keller

O vazio-pleno da natureza

Maio 1959,
Carta à Mondrian

       Hoje me sinto mais solitária que ontem.
       Senti uma enorme necessidade de olhar o teu trabalho, velho também solitário. Dei com você numa foto fabulosa e senti como se você estivesse comigo e com isto já não me senti tão só. Talvez amanhã possa dar também de meus olhos, de minha solidão e de minha teimosia a alguém que será um artista como eu ou talvez mais ainda, como você. Não sei pra que você trabalhava. Se eu trabalho, Mondrian, é para antes de mais nada me realizar no mais alto sentido ético-religioso. Não é para fazer uma superfiície e outra... Se exponho é para transmitir a outra pessoa este "momento" parado na dinãmica cosmológica, que o artista capta. Você que era místico deve quantas e quantas vezes ter vivido "momentos" como este dentro da vida, ou não?
       Dizem que você detestava a natureza - é verdade? Pois eu senti hoje essa transcedência através da natureza, na noite, no amor - como você poderia ter raiva da natureza? Você acha que a obra de arte é o produto de duas polaridades, que é a dinâmica da vida humana? Você estava preso à terra tão profundamente e o vôo no sentido da verticalidade era sua medida?
       Pois a natureza me alimentou, me equilibrou quase que de uma forma panteistica. Mas com o tempo, numa outra crise, já isto não adiantou e foi o "vazio pleno", a noite, o silêncio dela que se tornou a minha moradia. Através deste "vazio-pleno" me veio a consciência da realidade metafísica, o problema existencial, a forma, o conteúdo (espaço pleno que só tem realidade em função direta da existência desta forma...).
       Mondrian: você acreditou no homem. Você fez mais: num sonho utópico, estupendo, pensou em eras vindas em que a própria vida "construída" seria uma realidade plástica...


Piet Mondrian Red Tree Oil on Canvas 1908

       Talvez isto te salvasse da tua própria solidão. Pois eu, meu amigo, não sonho porque não acredito. Não por excesso de realismo mas para mim o coletivo só existe na razão desta desordem de ordem prática e social. Se o homem não pode sentir como é importante esse desenvolvimento interior - chamemos de uma forma que nasce com a pessoa como um punho fechado, talvez se abrindo no primeiro tempo com o próprio nascimento - então ele jamais poderá atingir sua plenitude como a rosa que se abre dentro do seu próprio tempo e morre amorosamente realizada, inteligente e feliz...
       Mondrian, um segredo eu vou contar: às vezes, eu me sinto tão desesperada, porque no momento em que "checo" este problema a solidão, o frio, "o medo do medo" me envolvem com todos os seus braços e procuram fechar este novo tempo que desabrocha na minha forma interior, amassando pétalas frescas e delicadas que levarão novo tempo para se abrirem como se abre um olho devagar, depois de ter levado um bom murro.
       Mondrian, se sua força pode me servir, seria como o bife cru colocado neste olho sofrido para que ele veja o mais depressa possível e possa encarar esta realidade às vezes tão insuportável - "o artista é um solitário". Não importam filhos, amor pois dentro dele ele vive só. Ele nasce dentro dele, parto difícil a cada minuto, só irremedialvemente só. Você seria talvez a chuva que molha a flor que nasceu na areia ou no asfalto, se você prefere, pois é cidade e não natureza.
       Você hoje está mais vivo para mim que todas as pessoas que me compreendem, até um certo ponto. Sabe por quê? Veja só se tenho razão ou não. Você já sabe do grupo neoconcreto, você já sabe que eu continuo o seu problema, que é penoso (você era homem, Mondrian, lembra-se?). No momento em que o grupo foi formado havia uma identificação profunda, a meu ver. Era a tomada de consciência de um tempo-espaço, realidade nova, universal como expressão, pois abrangia poesia, escultura, teatro, gravura e pintura. Até prosa, Mondrian... hoje a maioria dos elementos do grupo se esquecem dessa afinidade (o mais importante) e querem imprimir um sentido menor a ele, quando preferem que ele cresça sem esta identidade para mim imprescindível, numa tentativa de dar continuidade superficial a este movimento. Você bem sabe que, no cubismo, as formas foram várias mas, no sentido mais profundo que era esta nova realidade espacial, foram respeitadas. Só o tempo a meu ver traria continuidade real a este movimento.


Lygia Clark (b. Belo Horizonte, Brazil, in 1920; d. Rio de Janeiro, Brazil, 1988)
       Agora, velho, simpático mestre, diga-me com toda franqueza: meu desejo é deixar o grupo e continuar fiel a esta minha convicção, respeitando a mim mesma, embora mais só que ontem e hoje, eu serei amanhã, pois as pessoas que se aproximaram um dia, há bem pouco tempo, se afastam desorientadas sem enfrentarem a dureza de estar só num só pensamento, sem resguardar o sentido maior, ético, de morrer amanhã, sozinha mas fiel a uma idéia. Diga, meu amigo: é duro, é terrível porque é deixar de ter, mesmo sem me afastar realmente do grupo, pois já se fragmentou a unidade, a verdade dura e terrível feita a sete para se multiplicar em realidades pequenas - reconfortantes por certo, às centenas.
       Hoje eu choro - o choro me cobre, me segue, me conforta e acalenta, de um certo modo, está superfície dura, inflexível e fria da fidelidade a uma idéia.
       Mondrian: hoje eu gosto de você.
                            Lygia Clark[1]


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© Mariana Keller

Hoje, estou artista

Mariana Keller

       À partir dessa carta de Lygia Clark sou capaz de traçar muitos paralelos com as minhas reflexões desse "momento" dentro da vida. Ao lê-la, sinto como se a artista fosse capaz de me traduzir com uma precisão que eu mesma seria incapaz de determinar.
       Talvez seja uma questão mística...talvez seja apenas a subjetividade com a qual ela se expressa. Ou talvez, ainda seja pela magnífica metáfora ao comparar Mondrian à chuva que nutre a flor que nasceu no asfalto que me lembra Carlos Drummond de Andrade em sua A Flor e a Nausea. Pouco importa.
       Peço licença a artista porque faço minhas algumas de suas palavras, hoje me sinto Lygia.
       Todo artista é solitário. Todo ser humano é um solitário. Ao refletir sobre o estar só, a solidão ou o "vazio-pleno", Lygia descreve inúmeras das vezes nas quais se deparou só, chegando ao ponto de comparar sua vida à vida de outro artista. O medo do medo e o desespero...quem nunca se sentiu solitário? Acreditei, ingenuamente, que a solidão era o antônimo da felicidade. Bobagem. Estar só, saber estar só...querer estar só é uma qualidade admirável.
       Ah, o silêncio!
       Só existe uma coisa que me inspira mais do que o silêncio: "o vazio-pleno" da natureza. Eu tenho um fascínio pela natureza. Adoro a cidade e muito, mas de tempos em tempos preciso me distanciar dela. Eu preciso da linha do horizonte. É nessa atmosfera quase material deste "vazio-pleno" que eu me equilibro.
       Essa solidão, esse desespero que dispara o medo e que asfixia é só a falta de ar. Falta do horizonte. Você já reparou que não existe mais a linha do horizonte em São Paulo?
       As linhas do horizonte em São Paulo são verticais e estão no plural. Elas são poligonais dos mais variados formatos que contornam a paisagem construída. Uma linha do horizonte clássica, onde o olhar se perde e os pensamentos divagam dividindo a paisagem em duas, não existe mais.
       Eu preciso ir além, eu preciso ir à algum lugar onde se perca de vista o horizonte e então tudo fica bem. Nesses momentos a forma, o conteúdo e o existencial se encaixam. Mas não é apenas uma questão de espaço físico...
       Eu já acreditei no homem, também acreditei que a "vida construída" poderia ser uma realidade plástica. (Tenho um quadro do Le Corbusier na sala e um poster da Bauhaus no quarto que me lembram da habilidade humana de projetar o espaço); mas também estou de acordo com a Lygia:  o coletivo só faz sentido na beleza e desgraça da desordem na qual vivemos. A arquitetura sozinh\\ já não me basta.
       Capturar a realidade "plástica" da vida não-construída é um desafio e tanto. Se eu fotografo talvez seja para coletar esses momentos e transformar em uma superfície sensorial algo que sou incapaz de traduzir naquela situação. Nesse sentido a fotografia só não me basta.
       Falta o olhar para dentro. Por isso me apropriei de seus olhos, de sua solidão e de sua teimosia. Talvez com uma chuva de Lygia Clark eu possa um dia ser uma artista como ela.
       Adoro a ambiguidade da declaração final que soa como um elogio a princípio. Hoje sim, amanhã talvez.
       Hoje, estou artista.

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Mariana Keller é nascida em Guarulhos em 1983, trabalha e estuda em Paris. Formada em Arquitetura pela Universidade de São Paulo, tem formação complementar em fotografia, cenografia e artes visuais. Desde 2013 desenvolve séries fotográficas tendo como tema os Espaços de Paisagem. Em 2016 inicia o master em Esthétique parcours « Téorie Culturelle » na Sorbonne e atualmente cursa a Licence menção « Langues, Littératures et Civilisations Etrangères et Régionales » parcours « Portugais » na Sorbonne.









[1] Escritos de Artistas Anos 60/70, FERREIRA, Gloria e COTRIM, Celilia (orgs), 2006, p.46